Levez les yeux vers le fronton de l'hôtel de ville avant de lancer la partie : sous la Minerve casquée court une devise que presque toutes les mairies de France ont effacée — « Liberté, égalité, fraternité ou la mort ». Troyes a gardé les mots que la Révolution voulait éternels, comme presque tout le reste : dépliez le plan, le centre ancien dessine un bouchon de champagne, ruelles serrées et façades à pans de bois penchées les unes vers les autres. C'est dans ce bouchon que se joue votre jeu de piste à Troyes : onze étapes, votre équipe, et une ville qui plie ses grandes histoires dans le bois de ses maisons — un fils de savetier devenu pape, une unité de mesure partie d'ici conquérir la planète, un incendie qui a tout rebattu. De la basilique Saint-Urbain à la cathédrale, vous allez apprendre à déplier Troyes.
Tout le nécessaire tient dans votre poche. L'application myCityHunt s'installe en un instant : billets validés, équipes composées, un QR code rassemble tous les téléphones dans la même partie. Chacun endosse ensuite un personnage parmi cinquante-quatre — navigatrice, architecte, détective, athlète ou stratège — qui glisse ses propres missions bonus au fil du parcours. Dans le lacis du bouchon, où aucune rue ne file droit, la flèche GPS se contente de pointer la prochaine étape : le trajet, lui, se négocie en équipe. Chaque énigme propose quatre solutions ; deux coups de pouce successifs restent disponibles, facturés en points. Épreuves photo et défis d'action garnissent l'album privé que vous retrouverez après la partie. Vous partez quand bon vous semble, sur 3,3 kilomètres plats, pauses comprises — le classement final couronnera les plus mordus.
Troyes vit de deux matières qui ne devraient pas cohabiter : le bois et le verre. D'un côté, des centaines de maisons à colombages aux teintes ocre, vert amande ou brique ; de l'autre, tant de verrières anciennes que Troyes revendique le titre de capitale du vitrail. Votre parcours navigue de l'une à l'autre. Vous longerez le musée des beaux-arts, installé depuis le XIXe siècle dans l'ancienne abbaye Saint-Loup, le musée d'Art moderne, qui présente dans l'ancien palais des évêques la collection des Troyens Pierre et Denise Lévy, et la synagogue Rachi, logée dans un hôtel particulier à pans de bois au cœur du bouchon. Deux édifices, surtout, méritent que vous ralentissiez.
Cherchez les murs : vous n'en trouverez guère. Élevée à partir de 1262, la basilique pousse le gothique rayonnant jusqu'à dissoudre la pierre dans le verre. Elle doit son existence à un enfant du quartier : Jacques Pantaléon, fils d'un savetier troyen, élu pape en 1261 sous le nom d'Urbain IV. Une fois sur le trône de saint Pierre, il fit bâtir ce vaisseau de lumière à l'emplacement de l'échoppe paternelle. Vous marcherez donc sur l'ancienne boutique d'un cordonnier — promue chantier pontifical.
Quelque chose cloche dans la silhouette de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, et vous le remarquerez vite : une seule tour veille sur la façade. Sa jumelle, dédiée à saint Paul, est restée inachevée, faute de moyens. L'intérieur console de tout : près de 1 500 mètres carrés de verrières, du chœur du XIIIe siècle aux baies flamboyantes de la nef — peu d'églises de France en montrent autant. Par grand soleil, la pierre elle-même paraît changer de couleur.
Entre la rue Champeaux et la rue Charbonnet, la ruelle des Chats est si étroite que les encorbellements se frôlent au-dessus de vos têtes : les chats passaient jadis d'un toit à l'autre sans toucher le sol. Avancer les étages permettait, dit-on, d'alléger l'impôt, calculé sur l'emprise au sol.
On débarque parfois ici pour les magasins d'usine, et l'on repart en ayant traversé mille ans d'histoire sans s'en douter. Au Moyen Âge, les foires de Champagne faisaient de Troyes l'un des grands carrefours marchands d'Occident : drapiers flamands et banquiers italiens s'y croisaient et avaient besoin d'une balance commune. Ce fut le poids de Troyes. Son once — un peu plus de 31 grammes — s'imposa jusqu'en Angleterre, qui l'adopta pour ses monnaies à la fin du XVe siècle. Aujourd'hui encore, l'or se cote partout en « onces troy » : chaque lingot coté à Londres rend hommage, sans le savoir, aux marchands troyens.
Autre paradoxe : le décor médiéval qui vous entoure est plus jeune qu'il n'y paraît. En 1524, un incendie dévora près d'un quart de la ville et jeta des milliers d'habitants à la rue. Troyes se releva vite — mais à l'identique : mêmes parcelles, mêmes pans de bois, mêmes encorbellements. Ce que vous photographiez comme du Moyen Âge est souvent une reconstruction de la Renaissance, fidèle au point de tromper cinq siècles de visiteurs. Enfin, vers 1040 naquit ici Salomon ben Isaac, dit Rachi, dont les commentaires de la Bible et du Talmud s'étudient encore chaque jour. Ce maître glissait dans ses textes des mots de champenois transcrits en lettres hébraïques : des gloses grâce auxquelles les linguistes entendent le français parlé ici voilà mille ans. Les visites guidées de Troyes racontent tout cela fort bien, à heure fixe et micro en main ; en jeu de piste, ces récits vous rattrapent un par un, à l'endroit précis où ils sont nés — et là, ils ne s'oublient plus.
Aux équipes qui aiment avoir une ville à leur main : ici, tout se joue à pied, sans la moindre côte. Pour enterrer une vie de garçon ou de jeune fille, misez sur le décor — colombages en toile de fond des défis photo, et les terrasses de la rue Champeaux à deux pas pour prolonger la fête. Un anniversaire entre adultes trouve ici un vrai sujet de conversation : deux heures et demie de compétition amicale, puis des scores à commenter au dessert. Les entreprises apprécient l'équation troyenne : Paris-Est n'est qu'à une heure et demie de rails, ce teambuilding tient dans une demi-journée, et les rôles font émerger des talents que l'open space ne révèle jamais. En famille, le parcours plat et compact ménage les petites jambes, et les enfants repèrent les détails des façades bien avant les adultes. Quant à ceux qui ne venaient que pour les boutiques de marques, ce jeu de piste en ville leur offre la contrepartie idéale : une activité en extérieur à Troyes qui montre, en un après-midi, ce que les vitrines ne disent pas.
L'andouillette de Troyes se mérite : les meilleures portent le label AAAAA, décerné à l'aveugle par l'Association amicale des amateurs d'andouillette authentique. Tirée à la main et grillée, elle s'accompagne volontiers d'une moutarde au champagne. Les charcutiers du centre défendent chacun leur recette — demandez la leur.
Au retour, repassez devant l'hôtel de ville et relisez le fronton : vous saurez désormais que cette ville qui plie ses grandes histoires dans le bois de ses maisons n'a rien perdu en route — ni sa devise révolutionnaire, ni l'échoppe du savetier sous la basilique Saint-Urbain, ni le français millénaire caché dans les gloses de Rachi. Réunissez votre équipe, choisissez vos personnages et lancez votre jeu de piste à Troyes : onze étapes pour faire sauter le bouchon.
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Oui. Le jeu de piste de myCityHunt part de l'hôtel de ville et forme une boucle de 3,3 kilomètres dans le centre, en passant par la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, la basilique Saint-Urbain, l'église Saint-Nizier et le musée des beaux-arts. On joue avec l'application myCityHunt sur son propre smartphone, sans date imposée et sans inscription.
Les énigmes mêlent observation, recherche et photo : les enfants participent au lieu d'écouter. Des maisons qui penchent, une ruelle où les toits se touchent et des façades colorées : le centre est plat et entièrement piéton.
Des versions gratuites circulent sous forme de PDF à imprimer soi-même. Il faut alors préparer le parcours, les énigmes et les solutions par ses propres moyens. Le jeu de piste de myCityHunt est payant, mais tout est prêt : navigation GPS, rôle individuel pour chaque participant, énigmes avec système de points et galerie photo privée après la partie.
Environ deux heures et demie, pour un parcours de 3,3 kilomètres. Les pauses sont possibles à tout moment et allongent d'autant la durée. Vous pouvez interrompre le jeu et le reprendre plus tard.
Le jeu de piste coûte à partir de € 12,99 par personne. La facturation se fait au nombre exact de participants, il n'y a donc pas de forfait de groupe. Les bons cadeaux sont valables trois ans à compter de l'achat et s'utilisent pour la ville et le circuit de votre choix.
Oui. Les grands groupes se répartissent en plusieurs équipes qui s'affrontent, et les résultats se comparent directement après la partie. La facturation se fait au nombre exact de participants. Des conditions particulières existent pour les entreprises.
Jeu de piste et chasse au trésor désignent le plus souvent le même format : un parcours à énigmes à travers la ville. Le géocaching, lui, consiste à chercher des contenants dissimulés à partir de coordonnées. Dans un jeu de piste, la ville visible reste le terrain de jeu : bâtiments, places et inscriptions fournissent les indices.