Levez les yeux avant même de sortir votre téléphone. Depuis la place Augustin Laurent, le beffroi de l'hôtel de ville monte à 104 mètres, brique et béton mêlés, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO avec les beffrois de Belgique et de France. À sa base, deux géants sculptés à même le béton semblent porter l'édifice : Lydéric et Phinaert, les colosses fondateurs de la légende lilloise — le premier a terrassé le second en duel, dit-on, avant de donner naissance à la ville. Un jeu de piste à Lille commence donc sous bonne garde, et ce n'est pas un luxe : la ville a beaucoup à défendre. Une cathédrale qui a mis près d'un siècle et demi à trouver son visage. Une Bourse du XVIIe siècle où l'on ne négocie plus que de vieux livres. Un concours d'architecture au dénouement très diplomatique. Trois heures et onze étapes durant, vous allez lire des façades, compter ce que les passants ne comptent jamais, débattre en équipe et trancher. Lille ne cache pas ses trésors : elle les met à hauteur de géants. À vous de grandir un peu.
Pas de guichet, pas d'horaire imposé. Quelqu'un de l'équipe télécharge l'application myCityHunt, y active les billets, choisit la langue et répartit les joueurs ; un code QR de lobby s'affiche, chacun le scanne depuis son propre téléphone et la partie peut commencer. Reste une décision qui fera parler : le choix du rôle, parmi cinquante-quatre — détective, photographe, architecte, athlète, navigateur, stratège… Chaque rôle débloque ses propres défis bonus en cours de partie. Ensuite, le GPS vous donne la direction de la prochaine étape, et rien de plus : l'itinéraire précis reste votre affaire. À chaque énigme, quatre réponses possibles ; si une question résiste, deux indices facultatifs attendent en réserve, contre quelques points. Défis photo et épreuves d'action alimentent la galerie privée de l'équipe. Vous démarrez quand vous voulez et faites pause où bon vous semble, sur 4,8 kilomètres et environ trois heures. Le classement final dira qui a été le plus perspicace — le reste de l'équipe aura de toute façon gagné sa journée.
Flamande par ses pignons, française depuis Louis XIV, marchande d'instinct et étudiante de cœur : Lille superpose les identités, et vos 4,8 kilomètres passeront de l'une à l'autre sans prévenir. En chemin, vous croiserez le palais des Beaux-Arts, dont les collections — Rubens, Goya, et les étonnants plans-reliefs des villes fortifiées du Nord — comptent parmi les plus riches de France, puis l'église Saint-Maurice, une « hallekerque » gothique dont les cinq nefs d'égale hauteur répartissent le poids sur le sol humide des Flandres, et encore le musée d'Histoire naturelle, fondé en 1822, où des squelettes de baleines flottent au-dessus des visiteurs. Deux étapes, surtout, arrêteront votre équipe.
Vous entrerez par l'un des quatre passages, et le bruit de la ville restera dehors. Vingt-quatre maisons identiques, bâties en 1652-1653 par Julien Destrée pour les marchands lillois, enserrent une cour où les bouquinistes étalent aujourd'hui livres anciens et vieilles affiches — l'été, on y danse même le tango. Prenez le temps des façades de la Vieille Bourse : cariatides et guirlandes sculptées s'y répètent sans jamais tout à fait se ressembler, l'exubérance flamande à son sommet.
Vous chercherez peut-être ses tours — il n'y en a pas. Commencée en 1854 dans l'enthousiasme néogothique, la cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille attendit son achèvement jusqu'en 1999 : 145 ans de chantier. Sa façade, dévoilée cette année-là, ne ressemble à aucune autre — un voile de marbre suspendu, percé d'une rose de six mètres et demi dessinée par le peintre Ladislas Kijno. Vous resterez un instant partagé entre deux siècles ; c'est exactement l'effet recherché.
Vue du parvis, la façade de la cathédrale paraît grise, presque austère. Entrez : ses plaques de marbre translucide, traversées par la lumière du jour, s'embrasent alors de reflets orangés, tel un buisson ardent. L'architecture sépare ainsi deux mondes — le profane, sobre, dehors ; le sacré, incandescent, dedans.
Qui ne voit en Lille qu'une escale de braderie et de moules-frites passe à côté de l'essentiel. En septembre 1792, l'armée autrichienne encercle la ville et la somme de se rendre ; Lille refuse. Suivent plusieurs jours d'un bombardement presque ininterrompu — des dizaines de milliers de boulets rougis au feu, des milliers de bombes, le quartier Saint-Sauveur, celui-là même où votre parcours commence, ravagé par les flammes. La ville plie, mais ne se rend pas ; début octobre, les assiégeants repartent. Sur la Grand'Place, une colonne élevée au XIXe siècle célèbre encore cette résistance — les Lillois l'appellent simplement « la Déesse ».
La cathédrale, elle, doit son existence à un concours au dénouement inattendu. En 1856, quarante et un projets venus de toute l'Europe se disputent sa construction ; le premier prix revient aux Anglais William Burges et Henry Clutton. Mais confier un sanctuaire catholique français à des architectes anglicans se révèle alors impensable : le chantier échoit finalement au Lillois Charles Leroy, simple médaillé du concours. Les lauréats ne verront jamais leur cathédrale — et Lille non plus, d'ailleurs, avant bien longtemps. Quelques rues plus loin, au 9 de la rue Princesse, naît en novembre 1890 un certain Charles de Gaulle ; sa maison natale se visite toujours. Les visites guidées de Lille vous raconteraient tout cela d'une traite, dans l'ordre du dépliant ; en jeu de piste, chaque histoire vous cueille à l'endroit précis où elle s'est jouée. La matière est la même — le souvenir n'a rien de comparable.
À toutes les équipes qui aiment mieux chercher ensemble qu'écouter en rang. Pour un enterrement de vie de jeune fille ou de garçon, la formule offre aux témoins un après-midi qui s'organise tout seul : des équipes rivales, des défis photo qui délient l'ambiance, et une galerie privée pleine d'images à ressortir au dîner. Pour un anniversaire entre adultes ou une sortie entre amis, cette activité en extérieur à Lille vaut mieux qu'une énième table réservée — trois heures dehors, des fous rires en marchant, une histoire commune à raconter ensuite. Côté entreprises, la métropole se prête remarquablement au teambuilding : centre compact, gares à deux pas, et des rôles qui distribuent les responsabilités mieux qu'aucun séminaire — l'équipe qui ne se concerte pas voit filer les points. En famille, les enfants adorent mener la marche, et le parcours se coupe d'autant de pauses gaufre que nécessaire. Enfin, si vous découvrez le Nord le temps d'un week-end, ce jeu de piste en ville remplace avantageusement la première journée de repérage : en une demi-journée, vous aurez traversé le cœur historique, longé les monuments majeurs et compris comment la ville s'est bâtie entre France et Flandre.
Au 27 rue Esquermoise, la maison Méert régale les Lillois depuis 1761. Sa spécialité : la gaufre fourrée à la vanille de Madagascar, fine, souple, redoutable. Charles de Gaulle, enfant du pays, s'en faisait livrer jusqu'à l'Élysée. La devanture dorée, classée monument historique, vaut à elle seule le détour.
Souvenez-vous du départ, place Augustin Laurent : au pied du beffroi, Lydéric et Phinaert n'auront pas bougé d'un pouce — vous, si. Vous saurez désormais ce que les deux géants gardent : une cour de la Vieille Bourse où sommeillent les livres, une façade de marbre qui s'allume de l'intérieur, une ville qui a tenu tête à une armée entière. Rassemblez vos coéquipiers, distribuez les rôles et lancez votre jeu de piste à Lille : onze étapes, trois heures de marche et de débats, et à l'arrivée la satisfaction de regarder cette ville comme quelqu'un qui la connaît de l'intérieur. Les géants, eux, continueront de veiller — sur vos histoires aussi, désormais.
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Oui. Le jeu de piste de myCityHunt part de la place Augustin Laurent et forme une boucle de 4,8 kilomètres entre le centre et le Vieux-Lille, en passant par la Vieille Bourse, la cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille, l'Opéra et l'hôtel de ville. On joue avec l'application myCityHunt sur son propre smartphone, sans date imposée et sans inscription.
Les énigmes mêlent observation, recherche et photo : les enfants participent au lieu d'écouter. Le Vieux-Lille est pavé, resserré et presque entièrement piéton, avec des cours intérieures à découvrir à chaque coin de rue.
Des versions gratuites circulent sous forme de PDF à imprimer soi-même. Il faut alors préparer le parcours, les énigmes et les solutions par ses propres moyens. Le jeu de piste de myCityHunt est payant, mais tout est prêt : navigation GPS, rôle individuel pour chaque participant, énigmes avec système de points et galerie photo privée après la partie.
Environ trois heures, pour un parcours de 4,8 kilomètres. Les pauses sont possibles à tout moment et allongent d'autant la durée. Vous pouvez interrompre le jeu et le reprendre plus tard.
Le jeu de piste coûte à partir de € 12,99 par personne. La facturation se fait au nombre exact de participants, il n'y a donc pas de forfait de groupe. Les bons cadeaux sont valables trois ans à compter de l'achat et s'utilisent pour la ville et le circuit de votre choix.
Oui. Les grands groupes se répartissent en plusieurs équipes qui s'affrontent, et les résultats se comparent directement après la partie. La facturation se fait au nombre exact de participants. Des conditions particulières existent pour les entreprises.
Jeu de piste et chasse au trésor désignent le plus souvent le même format : un parcours à énigmes à travers la ville. Le géocaching, lui, consiste à chercher des contenants dissimulés à partir de coordonnées. Dans un jeu de piste, la ville visible reste le terrain de jeu : bâtiments, places et inscriptions fournissent les indices.