Au milieu de la rue des Halles, à Tours, une tour romane se dresse toute seule, sans église autour d'elle. Les passants la contournent sans lever les yeux ; vous, smartphone en main et votre équipe autour de vous, vous allez vouloir savoir ce qu'elle fait là. C'est tout l'esprit d'un jeu de piste à Tours : la ville a soigneusement rangé ses histoires — une cathédrale restée trois siècles en chantier, un pont qui s'est effondré un dimanche matin de 1978, deux cités rivales fondues en une seule — et c'est à vous de les débusquer, question après question. Personne ne marche ici en rang derrière un audiophone : le GPS vous indique un cap, vos yeux et vos coéquipiers font le reste. Sur une boucle de 3,8 kilomètres dans le centre, vous scrutez les façades de tuffeau blanc, vous comptez, vous débattez, vous tranchez. Et Tours, qui cache bien son jeu depuis deux mille ans, finit par abattre ses cartes.
Votre jeu de piste à Tours commence sur un banc ou une terrasse, au moment qui vous arrange. Un membre du groupe installe l'application myCityHunt, y active les billets et configure la partie ; un code QR de lobby s'affiche, chacun le scanne, puis se choisit un rôle parmi une cinquantaine — détective, photographe, architecte, athlète, navigateur, stratège. Ce choix n'a rien de décoratif : chaque rôle reçoit en chemin ses propres défis bonus. Le GPS donne la direction générale, le chemin reste votre affaire. Douze étapes jalonnent le parcours ; à chacune, une énigme à quatre réponses possibles, avec deux indices progressifs en réserve si vous voulez garder le rythme — ils coûtent quelques points, rien de plus. S'y ajoutent des questions de connaissance, des missions photo et des épreuves d'action. Vous démarrez quand vous voulez et faites pause où bon vous semble. À la fin, le classement départage les ambitieux ; ceux qui venaient surtout pour la journée ont déjà gagné.
Tours joue en permanence sur deux tableaux. Côté est, la ville des évêques et des rois, avec sa cathédrale et le château de Tours posé au bord de la Loire ; côté ouest, l'ancienne ville des marchands et des pèlerins, serrée autour du tombeau de saint Martin. Entre les deux, vous changez d'époque en une rue : ici des pans de bois penchés, là un axe classique tiré au cordeau vers le pont Wilson, que les Tourangeaux appellent simplement le « pont de pierre ». Vous passerez aussi devant le musée des Beaux-Arts, installé dans l'ancien palais des archevêques — et tout ce qui relie ces jalons est votre terrain de jeu.
Devant la façade, vous reculez de quelques pas pour tout embrasser : dentelle gothique flamboyante en bas, couronnements Renaissance au sommet des deux tours. Le chantier a duré trois siècles, et cela se lit à l'œil nu, étage après étage. À l'intérieur vous attend l'un des marbres les plus émouvants du Val de Loire : le tombeau des enfants de Charles VIII et d'Anne de Bretagne, sculpté vers 1500 pour une reine qui avait perdu ses deux fils en bas âge. Deux petits gisants, et un silence qui surprend au milieu d'une visite pleine d'énigmes.
Le dôme néo-byzantin qui émerge des toits a été élevé à la fin du XIXe siècle par Victor Laloux, enfant de Tours à qui l'on doit aussi la gare d'Orsay. Dans la crypte repose saint Martin, dont le tombeau attire des pèlerins depuis plus de mille cinq cents ans. À deux pas, la tour Charlemagne et la tour de l'Horloge sont les seules survivantes de l'immense basilique médiévale démolie après la Révolution : mesurez des yeux la distance qui les sépare, et vous tenez la taille de l'église disparue. La tour Charlemagne s'est d'ailleurs à moitié effondrée en 1928, avant d'être remontée pierre par pierre.
Dans la cour du musée des Beaux-Arts, à l'ombre d'un cèdre du Liban planté en 1804, se tient Fritz : un éléphant naturalisé du cirque Barnum & Bailey, mort à Tours en 1902 alors que la troupe traversait la ville. Les Tourangeaux l'ont adopté depuis longtemps comme mascotte — cherchez-le, il ne bouge pas.
Qui ne voit en Tours qu'une étape sur la route des châteaux rate le meilleur. Pendant des siècles, il n'y a pas eu une ville ici, mais deux, chacune derrière son propre rempart : la Cité des évêques à l'est, autour de la cathédrale, et Châteauneuf à l'ouest, née du tombeau de saint Martin. Entre les deux noyaux rivaux s'étendaient longtemps des champs en pleine « ville » — un passé double que le tracé des rues raconte encore.
Le pont Wilson, lui, a offert à Tours son dimanche le plus célèbre du XXe siècle. Le 9 avril 1978 au matin, une seule voiture roule sur le vieux pont du XVIIIe siècle quand le tablier s'affaisse ; le conducteur accélère et atteint la rive sain et sauf. Les arches continueront de tomber pendant des semaines, privant une grande partie de la ville d'eau courante. Tours a reconstruit son pont de pierre à l'identique — vous marcherez dessus. Quant au Vieux-Tours, il revient de loin : meurtri par l'incendie de 1940 puis par les bombardements, le quartier menaçait ruine avant d'être sauvé au titre des secteurs sauvegardés créés par la loi Malraux. Des dizaines de maisons à pans de bois ont été relevées autour de la place Plumereau, aujourd'hui couverte de terrasses. Une visite guidée de Tours vous réciterait tout cela en vingt minutes ; aller le chercher vous-mêmes, indice après indice, l'imprime pour de bon.
À un enterrement de vie de jeune fille ou de garçon, le format donne une colonne vertébrale : les équipes se défient tout l'après-midi, les missions photo remplissent la galerie privée du groupe, et le classement alimente les conversations jusque sur les terrasses de la place Plumereau. Pour un anniversaire entre adultes, c'est l'option qui occupe vraiment la journée sans demander d'organisation à personne. Les entreprises en font un teambuilding à Tours facile à monter — la ville est à une heure de Paris en TGV — et redoutablement efficace : les rôles répartissent les défis, et une équipe qui ne se parle pas n'avance pas. En famille, les enfants passent devant : ce sont souvent eux qui repèrent le détail juste, et la boucle se découpe en autant de pauses que nécessaire. Et si vous séjournez dans le Val de Loire, c'est l'activité en extérieur à Tours qui remplace la liste de monuments par une histoire à démêler soi-même.
Commandez un nougat de Tours : malgré son nom, c'est une tarte — pâte sucrée, confiture d'abricot, fruits confits et macaronade aux amandes. Les becs salés préféreront les rillettes de Tours, plus brunes et plus sèches que leurs cousines du Mans, sur du pain frais avec un verre de vouvray de la vallée voisine.
Au premier regard, Tours cache son jeu : une tour sans basilique, un pont de pierre bien tranquille pour son histoire, des façades à colombages qui ont failli disparaître. À l'arrivée, vous saurez ce que vaut chacune de ces cartes — et vous aurez vu la dentelle de la cathédrale Saint-Gatien, le dôme de Laloux et la Loire depuis le pont Wilson en jouant, pas en récitant. Réunissez votre équipe, distribuez les rôles, poussez jusqu'au centre ancien : votre jeu de piste à Tours commence là où la ville a posé sa première énigme, au pied d'une tour que plus personne ne regarde — sauf vous.
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Oui. Le jeu de piste de myCityHunt part du jardin de la Préfecture et forme une boucle de 3,8 kilomètres, en passant par la cathédrale Saint-Gatien, le château de Tours, le musée des Beaux-Arts et l'hôtel Goüin. On joue avec l'application myCityHunt sur son propre smartphone, sans date imposée et sans inscription.
Les énigmes mêlent observation, recherche et photo : les enfants participent au lieu d'écouter. Une place entièrement bordée de colombages, un aquarium au château et la Loire à traverser se suivent sur 3,8 kilomètres entièrement plats.
Des versions gratuites circulent sous forme de PDF à imprimer soi-même. Il faut alors préparer le parcours, les énigmes et les solutions par ses propres moyens. Le jeu de piste de myCityHunt est payant, mais tout est prêt : navigation GPS, rôle individuel pour chaque participant, énigmes avec système de points et galerie photo privée après la partie.
Environ trois heures, pour un parcours de 3,8 kilomètres. Les pauses sont possibles à tout moment et allongent d'autant la durée. Vous pouvez interrompre le jeu et le reprendre plus tard.
Le jeu de piste coûte à partir de € 12,99 par personne. La facturation se fait au nombre exact de participants, il n'y a donc pas de forfait de groupe. Les bons cadeaux sont valables trois ans à compter de l'achat et s'utilisent pour la ville et le circuit de votre choix.
Oui. Les grands groupes se répartissent en plusieurs équipes qui s'affrontent, et les résultats se comparent directement après la partie. La facturation se fait au nombre exact de participants. Des conditions particulières existent pour les entreprises.
Jeu de piste et chasse au trésor désignent le plus souvent le même format : un parcours à énigmes à travers la ville. Le géocaching, lui, consiste à chercher des contenants dissimulés à partir de coordonnées. Dans un jeu de piste, la ville visible reste le terrain de jeu : bâtiments, places et inscriptions fournissent les indices.