Un jardin public, quelques bancs, une ville qui ne se vante de rien : le square Albert Ehm, votre point de départ, joue la discrétion. Ne vous y fiez pas. À quelques pas, la Bibliothèque humaniste abrite ce qu'aucune capitale ne possède : la bibliothèque personnelle d'un savant de la Renaissance, parvenue jusqu'à nous à peu près complète. Sélestat compte moins de 20 000 habitants et détient un trésor inscrit au registre Mémoire du monde de l'UNESCO — sans en faire un argument de façade. C'est le tempérament de la ville : elle garde. Les livres, les légendes, les rivalités de pierre, et jusqu'à la plus ancienne trace écrite du sapin de Noël. Votre jeu de piste à Sélestat commence ici, billets activés, équipe au complet, onze étapes en ligne de mire. Vous n'allez pas visiter une ville : vous allez ouvrir une réserve. Observer, compter, comparer, trancher — et mesurer, énigme après énigme, tout ce que cette petite ville a mis de côté sans le dire à personne.
La logistique tient en trois gestes : télécharger l'application myCityHunt, y activer vos billets, puis scanner le code QR du lobby pour rejoindre la partie. Vient le moment que les groupes prennent étonnamment au sérieux : le choix du rôle. Cinquante-quatre sont proposés — Détective, Photographe, Architecte, Athlète, Navigateur, Stratège et compagnie — et chacun débloque en chemin ses propres défis bonus, entre missions photo, questions de connaissance et petites épreuves d'action. Le parcours enchaîne onze étapes sur 2,1 kilomètres, au départ et au retour du square Albert Ehm ; à chaque halte, une question, quatre réponses possibles, et deux indices progressifs si vous préférez céder quelques points plutôt que votre fierté. Le GPS donne le cap, jamais l'itinéraire. La vieille ville est plate et compacte, alors le rythme vous appartient : partez à l'heure qui vous convient, faites une pause où bon vous semble. Au final, un classement départage les compétiteurs ; les autres auront simplement passé un très bon moment.
Sélestat se traverse en un quart d'heure, mais des siècles s'y tiennent serrés. Sur 2,1 kilomètres, vous croisez un condensé d'histoire alsacienne que bien des préfectures envieraient — à commencer par deux églises qui s'observent comme deux époques.
Vous voilà d'abord devant la silhouette romane de Sainte-Foy, élevée dans la seconde moitié du XIIe siècle, au temps de Frédéric Barberousse. Unique vestige d'un prieuré bénédictin, elle frappe par ce qu'elle ne cherche pas : aucun effet, des arcs en plein cintre, des proportions calmes. Détaillez-la bien — vous en aurez besoin pour comprendre la suite.
Car à quelques dizaines de mètres, la réplique gothique vous domine. Saint-Georges est née d'un bras de fer : à partir des années 1230, les bourgeois de la ville ont voulu leur propre église face à celle des moines — et ils ont vu grand. Le chantier a couru jusqu'en 1490, année où fut achevée la tour occidentale, pour un vaisseau aux allures de cathédrale. Levez les yeux vers Saint-Georges, retournez-vous vers Sainte-Foy : vous contemplez une rivalité vieille de huit cents ans, figée dans la pierre.
Le Couvent des Dominicaines de Sylo et la Commanderie de Saint-Jean, élégante bâtisse Renaissance des années 1560, jalonnent aussi votre route — des repères entre lesquels les ruelles vous laissent chercher, débattre et décider.
La légende attribue la fondation de Sélestat au géant Sletto — d'où le nom allemand de la ville, Schlettstadt. On a longtemps montré aux curieux un os démesuré, présenté comme une relique du fondateur. Il est toujours conservé à la Bibliothèque humaniste… où l'on sait désormais qu'il provient d'un mammouth. La légende, elle, n'a pas bougé.
Si vous rangez Sélestat parmi les étapes secondaires entre Strasbourg et Colmar, le meilleur va vous échapper. Prenez l'enfant du pays : Beatus Rhenanus, né ici en 1485, formé à l'école latine de la ville, devenu à Bâle l'ami et l'éditeur d'Érasme. À sa mort en 1547, il lègue ses quelque 670 volumes reliés non pas à une université prestigieuse, mais à sa ville natale. Ce geste fait de Sélestat un cas unique : la seule bibliothèque privée d'un humaniste conservée à peu près intacte, inscrite depuis 2011 au registre Mémoire du monde de l'UNESCO, aux côtés de la Tapisserie de Bayeux.
La même maison conserve un registre de comptes municipal de décembre 1521, où un scribe a noté le versement de quatre schillings aux gardes forestiers chargés de surveiller les sapins avant Noël. Une ligne d'écriture ordinaire — et la plus ancienne mention écrite connue de l'arbre de Noël. Les habitants coupaient déjà tant de jeunes arbres que la ville payait pour protéger sa forêt : le réflexe de décembre a cinq siècles, et il est documenté ici. Destin discret encore, celui du Couvent des Dominicaines de Sylo : fondé au XIIIe siècle, il a changé de vocation à la Révolution et soigné des malades jusqu'en 1965 sous le nom d'hôpital Saint-Quirin. Les visites guidées à Sélestat racontent tout cela avec talent, à heure fixe et au pas du guide ; en résolvant des énigmes, vous le découvrez dans le désordre et à votre cadence — et une réponse qu'on a trouvée soi-même tient bien mieux en mémoire.
À tous les groupes qui cherchent une activité en extérieur à Sélestat avec un vrai fil conducteur. Pour un enterrement de vie de jeune fille ou de garçon, la ville a un argument massue : la gare est à moins d'une demi-heure de Strasbourg, à un quart d'heure de Colmar, et le centre s'atteint à pied — zéro logistique, toute l'énergie pour le jeu. Un anniversaire entre adultes y gagne un déroulé tout prêt : les défis photo alimentent la galerie privée que le groupe retrouve après la partie, de quoi nourrir les conversations de la soirée. Les entreprises en tirent un teambuilding sans goût de salle de réunion : les rôles répartissent les responsabilités, personne ne reste spectateur, et le terrain plat met baskets et mocassins à égalité. En famille, ce jeu de piste en ville tourne remarquablement bien : 2,1 kilomètres sans dénivelé, des cigognes à guetter au-dessus des toits et une légende de géant à raconter en marchant. Et si vous êtes de passage, avec la silhouette du Haut-Kœnigsbourg à l'horizon, environ deux heures et demie suffisent pour repartir en connaissant Sélestat mieux que bien des Alsaciens.
Pour la pause gourmande, direction la Maison du Pain d'Alsace : installée dans l'ancien poêle de la corporation des boulangers, un bâtiment de 1522, elle abrite un fournil bien réel où l'on regarde naître bretzels et kougelhopfs avant de les emporter. L'odeur vous trouvera avant que vous ne trouviez la porte.
Vous voilà prévenus : Sélestat garde tout, et depuis longtemps. Des sapins sous surveillance en 1521, les livres d'un ami d'Érasme depuis 1547, un os de géant qui n'en est pas un, deux églises dressées face à face comme au premier jour. Ce que la ville a conservé, votre jeu de piste à Sélestat vous l'ouvre. Rassemblez votre équipe au square Albert Ehm, distribuez les rôles, scannez le code du lobby — puis marchez, cherchez, répondez. Onze étapes plus tard, entre la Bibliothèque humaniste et les tours de Saint-Georges, vous saurez ce que cette ville modeste met de côté depuis des siècles. Elle a tout gardé pour vous.
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Oui. Le jeu de piste de myCityHunt part du square Albert-Ehm et forme une boucle de 2,1 kilomètres dans le centre, en passant par la bibliothèque humaniste, l'église Sainte-Foy, l'église Saint-Georges et la commanderie de Saint-Jean. On joue avec l'application myCityHunt sur son propre smartphone, sans date imposée et sans inscription.
Les énigmes mêlent observation, recherche et photo : les enfants participent au lieu d'écouter. Deux églises très différentes à cent mètres l'une de l'autre et un centre plat et piéton rendent la boucle facile à suivre.
Des versions gratuites circulent sous forme de PDF à imprimer soi-même. Il faut alors préparer le parcours, les énigmes et les solutions par ses propres moyens. Le jeu de piste de myCityHunt est payant, mais tout est prêt : navigation GPS, rôle individuel pour chaque participant, énigmes avec système de points et galerie photo privée après la partie.
Environ deux heures et demie, pour un parcours de 2,1 kilomètres. Les pauses sont possibles à tout moment et allongent d'autant la durée. Vous pouvez interrompre le jeu et le reprendre plus tard.
Le jeu de piste coûte à partir de € 12,99 par personne. La facturation se fait au nombre exact de participants, il n'y a donc pas de forfait de groupe. Les bons cadeaux sont valables trois ans à compter de l'achat et s'utilisent pour la ville et le circuit de votre choix.
Oui. Les grands groupes se répartissent en plusieurs équipes qui s'affrontent, et les résultats se comparent directement après la partie. La facturation se fait au nombre exact de participants. Des conditions particulières existent pour les entreprises.
Jeu de piste et chasse au trésor désignent le plus souvent le même format : un parcours à énigmes à travers la ville. Le géocaching, lui, consiste à chercher des contenants dissimulés à partir de coordonnées. Dans un jeu de piste, la ville visible reste le terrain de jeu : bâtiments, places et inscriptions fournissent les indices.