Sur le parvis de l'hôtel de ville de Poitiers, rien ne trahit que vous vous tenez au sommet d'un promontoire enserré entre deux rivières, le Clain et la Boivre. La ville s'est perchée là dès l'Antiquité et n'a, pour ainsi dire, jamais rien jeté : un baptistère où l'on plongeait les convertis au temps des empereurs romains, une façade sculptée comme une page de pierre, le souvenir d'une reine des Francs devenue moniale et d'une duchesse qui porta deux couronnes. Poitiers n'étale pourtant rien de tout cela. Elle range ses trésors derrière des portails discrets et laisse passer les pressés. Un jeu de piste à Poitiers renverse ce rapport de forces : pendant trois heures, énigme après énigme, vous obligerez la ville à ouvrir ses archives, de l'église Notre-Dame-la-Grande aux ruelles qui dévalent vers le Clain — armés d'un smartphone, de votre sens de l'observation et d'une équipe prête à débattre de chaque réponse.
La mise en route tient en quelques gestes : installer l'application myCityHunt, activer les billets, composer les équipes, scanner le code QR du lobby. Puis vient le choix qui lance les premières discussions — le rôle. Cinquante-quatre profils existent, du détective à l'athlète en passant par l'architecte, le photographe ou le navigateur, et chacun débloque ses propres défis bonus. Le long des 3,8 kilomètres, onze étapes vous attendent ; la flèche GPS indique la direction, jamais l'itinéraire, et sur un plateau où une rue débouche tantôt sur une place, tantôt sur un escalier plongeant vers la rivière, ce détail compte. Chaque énigme propose quatre réponses ; deux indices facultatifs, payés en points, repêchent les hésitants. Défis photo et épreuves d'action rythment la marche, une galerie privée conserve ensuite les images pour votre groupe. Vous partez à l'heure qui vous arrange et faites pause à volonté. Le classement final, lui, départagera les équipes — avec le sourire.
Le caractère de la ville tient dans un grand écart : sur ce plateau que se partagent depuis toujours le savoir et la prière, les terrasses étudiantes côtoient cinq sanctuaires qui résument à eux seuls quinze siècles d'architecture. Votre parcours les relie tous. Vous passerez devant la cathédrale Saint-Pierre, vaisseau gothique entrepris vers 1160 à l'initiative d'Aliénor d'Aquitaine et d'Henri II Plantagenêt, devant l'église Saint-Hilaire-le-Grand, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Compostelle, et devant l'église Sainte-Radegonde, qui abrite le tombeau de la patronne de la ville. Deux haltes, pourtant, réclameront davantage que quelques regards.
Passé la silhouette trapue de l'édifice, vous baisserez les yeux vers une cuve octogonale creusée dans le sol : on y baptisait par immersion à l'époque mérovingienne. Le cœur du bâtiment remonte au IVe siècle, ce qui en fait le plus ancien monument chrétien conservé de France. Fresques médiévales et sarcophages complètent un décor qu'aucune reconstitution n'égalera : ici, tout est d'origine.
Sa façade du XIIe siècle se lit de bas en haut comme un récit, d'Adam et Ève jusqu'au Christ en gloire — vous reculerez d'instinct pour tout embrasser. En 1995, des restaurateurs ont retrouvé sur la pierre des traces de couleurs médiévales ; depuis, les soirs d'été, une projection lumineuse rend à l'ensemble sa polychromie disparue. Repassez-y après votre partie si la nuit tombe.
Dans le chœur de la cathédrale Saint-Pierre rayonne un vitrail de la Crucifixion créé vers 1160-1170, l'un des plus anciens de France encore à son emplacement d'origine. Regardez tout en bas : les petites silhouettes qui présentent le vitrail ne sont autres qu'Aliénor d'Aquitaine et Henri II, les donateurs, immortalisés dans le verre.
Qui ne voit en Poitiers qu'un conservatoire d'art roman passe à côté du meilleur : les destins qui s'y sont joués. Radegonde, princesse de Thuringe capturée enfant puis mariée de force à Clotaire Ier, fils de Clovis, finit par fuir la cour, prit le voile et fonda à Poitiers le premier monastère féminin de Gaule, l'abbaye Sainte-Croix. En 567, l'empereur de Constantinople lui envoya un fragment de la Vraie Croix ; pour accueillir la relique, le poète Venance Fortunat composa un hymne, le Vexilla Regis, que des chœurs chantent encore. Une reine en fuite, un poète italien, un chant vieux de quinze siècles : tout cela sommeille derrière les murs où elle repose depuis 587.
Six siècles plus tard, une autre femme fit de la cité sa capitale. Aliénor, duchesse d'Aquitaine, reine de France puis reine d'Angleterre, fit aménager dans le palais comtal une salle d'apparat de cinquante mètres sur dix-sept, parmi les plus vastes d'Europe à l'époque — la salle des pas perdus existe toujours, à quelques rues de votre parcours. L'université, fondée en 1431, ajouta son chapitre : un certain René Descartes y obtint en 1616 sa licence de droit, avant de conclure que les livres ne suffisaient pas et d'aller chercher la vérité sur le terrain. Les visites guidées de Poitiers content fort bien ces existences, chronologie à l'appui ; un jeu de piste à Poitiers les fait surgir au détour d'une rue, au moment précis où un chapiteau ou une inscription rapporte des points. Ce qu'on gagne ainsi reste gravé.
À tous les groupes qui préfèrent chercher ensemble plutôt qu'écouter en rang. Pour un enterrement de vie de jeune fille ou de garçon, les défis photo devant la façade de Notre-Dame-la-Grande remplacent avantageusement les accessoires de fête, et les terrasses voisines accueillent l'équipe à l'arrivée. Un anniversaire entre amis trouve ici un scénario clé en main : trois heures de compétition bon enfant, puis les restaurants du centre pour consoler les vaincus. Les entreprises en teambuilding apprécient une destination accessible en un peu plus d'une heure de TGV depuis Paris, où tout se joue à pied et où la répartition des rôles révèle qui observe, qui tranche et qui négocie. En famille, confiez la navigation aux enfants : commander la marche les enchante, et les allées du parc de Blossac, en lisière du plateau, offrent la récompense finale. Les voyageurs de passage, enfin, tiennent là leur activité en extérieur à Poitiers : une après-midi de jeu de piste en ville suffit pour saisir ce que quinze siècles ont déposé entre le Clain et la Boivre.
Le broyé du Poitou est une large galette au beurre, fine et croquante. La tradition interdit de la couper : on l'écrase d'un coup de poing au centre et chacun ramasse son éclat. Vous en trouverez dans les boulangeries du centre-ville — de quoi récompenser l'équipe victorieuse sans sortir les assiettes.
De retour devant l'hôtel de ville, vous regarderez le promontoire autrement. Vous saurez ce que cache la cuve du baptistère Saint-Jean, quelles couleurs dormaient sur la façade de Notre-Dame-la-Grande, quelle reine repose au bord du Clain. Poitiers n'aura pas changé ; c'est vous qui aurez appris à lui poser les bonnes questions — et une ville qui n'a rien jeté en deux mille ans garde encore bien des réponses en réserve. Rassemblez vos équipes, répartissez les rôles et lancez votre jeu de piste à Poitiers : les archives sont ouvertes.
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Oui. Le jeu de piste de myCityHunt part de l'hôtel de ville et forme une boucle de 3,8 kilomètres dans le centre, en passant par le baptistère Saint-Jean, l'église Notre-Dame-la-Grande, l'église Sainte-Radegonde et le palais des comtes de Poitiers. On joue avec l'application myCityHunt sur son propre smartphone, sans date imposée et sans inscription.
Les énigmes mêlent observation, recherche et photo : les enfants participent au lieu d'écouter. Une façade couverte de personnages à identifier et une cuve baptismale creusée dans le sol donnent de quoi chercher ; le centre est bâti sur un promontoire, quelques montées sont à prévoir.
Des versions gratuites circulent sous forme de PDF à imprimer soi-même. Il faut alors préparer le parcours, les énigmes et les solutions par ses propres moyens. Le jeu de piste de myCityHunt est payant, mais tout est prêt : navigation GPS, rôle individuel pour chaque participant, énigmes avec système de points et galerie photo privée après la partie.
Environ trois heures, pour un parcours de 3,8 kilomètres. Les pauses sont possibles à tout moment et allongent d'autant la durée. Vous pouvez interrompre le jeu et le reprendre plus tard.
Le jeu de piste coûte à partir de € 12,99 par personne. La facturation se fait au nombre exact de participants, il n'y a donc pas de forfait de groupe. Les bons cadeaux sont valables trois ans à compter de l'achat et s'utilisent pour la ville et le circuit de votre choix.
Oui. Les grands groupes se répartissent en plusieurs équipes qui s'affrontent, et les résultats se comparent directement après la partie. La facturation se fait au nombre exact de participants. Des conditions particulières existent pour les entreprises.
Jeu de piste et chasse au trésor désignent le plus souvent le même format : un parcours à énigmes à travers la ville. Le géocaching, lui, consiste à chercher des contenants dissimulés à partir de coordonnées. Dans un jeu de piste, la ville visible reste le terrain de jeu : bâtiments, places et inscriptions fournissent les indices.