Place d'Allier, début d'après-midi. Les terrasses bourdonnent doucement, et au-dessus des toits pointent deux flèches jumelles. Votre équipe est réunie, l'application chargée : votre jeu de piste à Moulins peut commencer — sans guide qui récite, sans horaire qui presse. Ne vous fiez pas à l'air paisible de cette sous-préfecture : Moulins est une ville à secrets. Elle a donné son nom à un peintre resté anonyme pendant quatre siècles. Elle a tenu verrouillée l'une de ses plus belles demeures durant plus de cent ans, parce qu'un testament l'exigeait. Elle abrite dix mille costumes d'opéra dans une ancienne caserne de cavalerie. Onze étapes et deux heures et demie durant, vous allez arpenter l'ancienne capitale des ducs de Bourbon en scrutant les façades, en comptant ce que personne ne compte, en débattant avant de valider — jusqu'à ce que cette ville discrète, qui garde volontiers ses portes closes, consente à raconter ce qu'elle cache derrière.
Le départ ne demande ni guichet ni rendez-vous. Une fois l'application myCityHunt en place et les billets validés, un code QR rassemble tout le monde dans le salon de jeu ; reste la décision qui compte : quel rôle endosser ? Détective, photographe, stratège, athlète, navigateur — cinquante-quatre profils au choix, chacun assorti de ses défis bonus personnels. Ensuite, Moulins devient votre plateau. Le GPS n'affiche qu'une direction ; l'itinéraire exact entre les onze étapes de cette boucle de 2,5 kilomètres, tracée sur un centre parfaitement plat, c'est vous qui l'inventez. Les énigmes se présentent en questions à quatre options, et derrière chacune patientent deux indices facultatifs, facturés en points à qui les réclame. S'y ajoutent des missions photo et quelques épreuves plus remuantes, dont les clichés alimentent une galerie réservée à votre équipe. L'heure du top départ n'appartient qu'à vous, les pauses en terrasse aussi. Au bout du compte, un classement — et une réserve d'anecdotes pour la soirée.
Deux villes cohabitent ici. La cité des ducs de Bourbon, qui fut au XVe siècle le siège d'une cour comptant parmi les plus brillantes du royaume ; et la ville Belle Époque, celle des miroirs du Grand Café de 1899 et de sa verrière. Entre les deux, vous croiserez le musée Anne-de-Beaujeu, logé dans un pavillon d'apparat élevé pour la régente à la fin du XVe siècle, et le Centre national du costume et de la scène, installé dans le quartier Villars, une caserne de cavalerie du XVIIIe siècle. Deux édifices, surtout, vont retenir votre équipe.
Cherchez la couture. La cathédrale assemble une collégiale gothique flamboyant, voulue par les ducs au XVe siècle, et une nef néogothique du XIXe, couronnée par les flèches jumelles aperçues au départ. À l'intérieur, les verrières des XVe et XVIe siècles font défiler la famille de Bourbon en personne, donateurs agenouillés dans la lumière colorée. C'est pour ce sanctuaire que fut peint, vers 1500, le célèbre triptyque de la Vierge en gloire — nous y reviendrons, car son histoire est l'une des plus étranges de la peinture française.
Devant cette façade à colombages et tourelle, vous contemplez un testament devenu maison. Louis Mantin, riche célibataire sans héritier, meurt en 1905 en léguant sa demeure à la ville — à condition d'en montrer l'intérieur « aux visiteurs dans cent ans », en spécimen d'habitation bourgeoise du XIXe siècle. La ville a tenu parole : les volets ne se sont rouverts qu'en 2010. Salles de bains d'époque, collections, décors — tout attendait, figé, que le siècle s'écoule.
Sur la tour Jacquemart, du XVe siècle, quatre automates se partagent le travail : Jacquemart et son épouse Jacquette frappent les heures sur la grosse cloche, leurs enfants Jacquelin et Jacqueline sonnent les quarts. La tour a brûlé deux fois, en 1655 puis en 1946 — et les Moulinois ont, chaque fois, remis leur famille de bois debout.
Qui ne voit en Moulins qu'une préfecture assoupie au bord de l'Allier manque l'essentiel. Vers 1500, Pierre II de Bourbon et Anne de France, dite Anne de Beaujeu, commandent pour leur chapelle un triptyque somptueux : la Vierge en gloire, les donateurs en prière sur les volets. Le chef-d'œuvre traverse les siècles, mais son auteur perd son nom en route ; les historiens, faute de mieux, le baptisent « Maître de Moulins ». Il faudra attendre le XXe siècle pour l'identifier au peintre flamand Jean Hey — un artiste majeur, resté quatre cents ans dans l'ombre de la ville qui lui servait de pseudonyme. Sa commanditaire mérite le détour à elle seule : fille de Louis XI, Anne de Beaujeu gouverna la France pendant la minorité de Charles VIII et tint depuis Moulins l'une des cours les plus influentes d'Europe, formant des générations de princesses à l'exercice du pouvoir. Quatre siècles plus tard, autre apprentissage décisif : Gabrielle Chanel, jeune couturière arrivée en 1900, chante dans les cafés-concerts moulinois — c'est ici, dit-on, qu'une chanson lui vaut son surnom de Coco, avant Paris et l'empire que l'on sait. Les visites guidées de Moulins vous livreraient ces destins dans l'ordre chronologique ; en jeu de piste, ils surgissent au détour d'une énigme, précisément là où ils se sont joués. L'effet n'est pas le même.
À toutes les équipes qui préfèrent chercher ensemble plutôt qu'écouter en rang. Pour un enterrement de vie de jeune fille ou de garçon, le format est taillé sur mesure : les défis photo occupent l'après-midi sans qu'aucun témoin ne joue les meneurs, la galerie privée fournit le diaporama du dîner, et les terrasses de la place d'Allier attendent à l'arrivée. Un anniversaire entre amis y trouve une activité en extérieur à Moulins qui change du restaurant — d'autant qu'un verre sous la verrière du Grand Café prolonge élégamment la partie. Les entreprises de la région en font un teambuilding sans salle de réunion : les rôles distribuent les responsabilités, les indices se négocient, et l'on découvre qui tranche et qui tergiverse. En famille, la boucle de 2,5 kilomètres, plate et coupée d'autant de pauses que nécessaire, reste à la portée des plus jeunes — souvent les premiers à repérer le détail qui décide d'une réponse, et les plus fidèles admirateurs des automates de Jacquemart. Et si vous découvrez l'Allier le temps d'un week-end, ce jeu de piste en ville condense en une demi-journée ce que la capitale bourbonnaise a de plus singulier.
En 1898, le confiseur moulinois Bernard Sérardy invente le palet d'or : une ganache au chocolat relevée de café, constellée de paillettes d'or fin. Le succès est tel qu'un concurrent tente de déposer le nom — la justice tranchera en faveur de Moulins, où la boutique historique vend toujours ses palets.
Louis Mantin a exigé que sa ville patiente un siècle avant d'ouvrir ses volets ; il vous aura suffi d'un après-midi pour faire parler la sienne. Au retour sur la place d'Allier, vous saurez relier les flèches jumelles de la cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation, la maison au siècle suspendu et le peintre qui a rendu son nom célèbre en le perdant. Rassemblez votre équipe, choisissez vos rôles et lancez votre jeu de piste à Moulins : les portes closes ne demandent qu'à s'entrouvrir, et cette fois, c'est vous qui tenez les questions.
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Oui. Le jeu de piste de myCityHunt part de la place d'Allier et forme une boucle de 2,5 kilomètres, en passant par la cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation, la tour Jacquemart, le musée Anne-de-Beaujeu et la maison Mantin. On joue avec l'application myCityHunt sur son propre smartphone, sans date imposée et sans inscription.
Les énigmes mêlent observation, recherche et photo : les enfants participent au lieu d'écouter. Des automates qui sonnent les quarts et une maison figée depuis 1905 marquent les esprits ; le circuit fait 2,5 kilomètres et reste plat.
Des versions gratuites circulent sous forme de PDF à imprimer soi-même. Il faut alors préparer le parcours, les énigmes et les solutions par ses propres moyens. Le jeu de piste de myCityHunt est payant, mais tout est prêt : navigation GPS, rôle individuel pour chaque participant, énigmes avec système de points et galerie photo privée après la partie.
Environ deux heures et demie, pour un parcours de 2,5 kilomètres. Les pauses sont possibles à tout moment et allongent d'autant la durée. Vous pouvez interrompre le jeu et le reprendre plus tard.
Le jeu de piste coûte à partir de € 12,99 par personne. La facturation se fait au nombre exact de participants, il n'y a donc pas de forfait de groupe. Les bons cadeaux sont valables trois ans à compter de l'achat et s'utilisent pour la ville et le circuit de votre choix.
Oui. Les grands groupes se répartissent en plusieurs équipes qui s'affrontent, et les résultats se comparent directement après la partie. La facturation se fait au nombre exact de participants. Des conditions particulières existent pour les entreprises.
Jeu de piste et chasse au trésor désignent le plus souvent le même format : un parcours à énigmes à travers la ville. Le géocaching, lui, consiste à chercher des contenants dissimulés à partir de coordonnées. Dans un jeu de piste, la ville visible reste le terrain de jeu : bâtiments, places et inscriptions fournissent les indices.