Place de la République, dix heures du matin. Autour de vous, Limoges vaque à ses affaires : les terrasses se déplient, les trolleybus glissent sous leurs perches, personne ne regarde le sol. Pourtant, sous les dalles que vous foulez repose le tombeau de saint Martial, premier évêque de la ville, oublié puis retrouvé au XXe siècle. Voilà Limoges tout entière : une ville qui empile les siècles sans les afficher, qui a conquis les tables du monde avec sa porcelaine et range pourtant ses plus belles histoires en sous-sol. Un jeu de piste à Limoges prend cette discrétion comme un défi personnel. Pendant deux heures et demie, vous allez interroger les façades, suivre une flèche GPS de la cathédrale Saint-Étienne au quartier des bouchers, et arracher à la ville, énigme après énigme, ce qu'elle ne confie qu'aux curieux qui posent les bonnes questions.
Tout commence par un choix qui fait débat : le rôle. Cinquante-quatre profils — détective, photographe, athlète, stratège, navigateur, architecte — et chacun apporte ses propres défis bonus. Avant cela, la logistique tient en quelques minutes : l'application myCityHunt téléchargée, les billets activés, les équipes composées, puis un code QR de lobby que chaque joueur scanne depuis son smartphone. Ensuite, la ville devient votre plateau. Le GPS indique où se trouve la prochaine des onze étapes, jamais comment y aller — et dans un centre où deux cités médiévales rivales se sont soudées, choisir sa rue n'est pas un détail. Chaque énigme propose quatre réponses ; en cas de doute, deux indices successifs, facultatifs et facturés en points. Des défis photo et des épreuves d'action rythment les 3,3 kilomètres, et toutes les images atterrissent ensuite dans une galerie privée réservée à votre groupe. Vous partez quand vous voulez, faites pause où bon vous semble — le classement final, lui, n'oublie rien.
Limoges a longtemps été deux villes qui se tournaient le dos : le Château, serré autour de la grande abbaye Saint-Martial, et la Cité, blottie au pied de sa cathédrale. La Révolution seule les a officiellement réunies. Votre parcours traverse cet ancien territoire double, croise la basilique Saint-Michel-des-Lions — gardée par des lions de granit d'époque gallo-romaine et dépositaire, depuis 1790, du crâne de saint Martial —, longe les terrasses du jardin de l'Évêché qui dominent la Vienne et frôle le musée des Beaux-Arts, installé dans l'ancien palais épiscopal. Deux étapes, cependant, risquent de bousculer votre chronométrage.
Six cent quinze ans de chantier : commencée en 1273, la cathédrale n'a été achevée qu'en 1888, quand on relia enfin la nef au vieux clocher roman. Contrairement à ses cousines gothiques en calcaire clair, elle est taillée dans le granit local — d'où cette teinte grave qui ne ressemble à aucune autre. Cherchez les coutures entre les époques : six siècles de chantier les ont rendues presque invisibles.
Derrière ses façades du XIXe siècle sommeille la plus riche collection publique de porcelaine de Limoges au monde : environ 18 000 œuvres, dont 5 000 exposées, de l'Antiquité aux créations contemporaines. C'est le monument que Limoges a offert à la matière qui a fait sa fortune, et vous mesurerez d'un regard l'ampleur de la dette.
Levez les yeux vers la flèche de Saint-Michel-des-Lions : au sommet, pas de croix classique, mais une boule de cuivre de près de deux mètres de diamètre. L'idée revient à un officier chargé de refaire le clocher : faciliter les mesures de triangulation des géodésiens. La science se niche parfois au sommet d'un clocher.
Qui range Limoges au rayon de la vaisselle du dimanche passe à côté du plus savoureux. La porcelaine elle-même est née d'un coup de chance : en 1768, un chirurgien nommé Jean-Baptiste Darnet identifie à Saint-Yrieix-la-Perche, au sud de la ville, cette argile blanche que la France cherchait désespérément — le kaolin. Louis XV fait aussitôt acheter le gisement pour la manufacture royale de Sèvres, et dès 1771 une première manufacture s'installe à Limoges. Un praticien de campagne, un peu de terre claire — et une ville mariée aux arts du feu.
Autre histoire enfouie, au sens propre : lorsque la ville creuse un parking sous la place de la République dans les années 1960, les archéologues exhument les vestiges de l'immense abbaye Saint-Martial, démantelée après la Révolution, ainsi que le tombeau du saint. Les fouilles durent jusqu'en 1974 et débouchent sur une crypte archéologique, parmi les premières aménagées en France. Rue de la Boucherie, enfin, les maisons à pans de bois racontent la corporation qui régna sur le quartier dès le XIIIe siècle : les bouchers abattaient au rez-de-chaussée, vivaient à l'étage, faisaient sécher les peaux sous les combles — et leur confrérie entretient aujourd'hui encore la chapelle Saint-Aurélien, bâtie en 1471 pour les reliques de leur saint patron. Les visites guidées de Limoges déroulent ces chapitres dans l'ordre chronologique ; un jeu de piste à Limoges vous les fait rencontrer dans le désordre du terrain, au moment où un détail de façade vaut soudain des points. On retient mieux ce qu'on a gagné.
À tous les groupes qui préfèrent jouer une ville plutôt que la parcourir au pas. Pour un enterrement de vie de garçon ou de jeune fille, le format règle d'avance la question de l'animation : les défis photo devant les lions de granit produisent des souvenirs présentables, et la galerie privée alimente les conversations jusqu'au mariage. Un anniversaire entre amis y gagne un scénario clé en main, avec les bistrots de la rue de la Boucherie à deux pas pour prolonger la soirée. Les entreprises en teambuilding apprécient un centre compact où tout se joue à pied, sans car ni logistique — et où la répartition des rôles révèle des talents que les réunions ne montrent jamais. En famille, les enfants réclament vite le téléphone pour annoncer la direction, et les pelouses du jardin de l'Évêché offrent la pause idéale au-dessus de la Vienne. Quant aux voyageurs de passage, deux heures et demie de jeu de piste en ville — la plus parlante des activités en extérieur à Limoges — leur livrent ce qu'aucun dépliant ne résume : le caractère d'une ville qui se mérite.
Chaque troisième vendredi d'octobre depuis 1973, la rue de la Boucherie ressuscite son passé : la Frairie des Petits Ventres attire quelque 40 000 gourmands autour de boudins, tripes et autres spécialités limousines. Si votre partie tombe ce jour-là, prévoyez de l'appétit et un peu de patience.
Vous revoilà place de la République, au-dessus du tombeau que la foule ignore. Vous, désormais, savez : ce que cache le granit sombre de la cathédrale Saint-Étienne, pourquoi une boule de cuivre coiffe un clocher, ce qu'un chirurgien a déclenché avec un peu d'argile blanche. Composez vos équipes, choisissez vos rôles et partez remonter à la surface, un indice après l'autre, tout ce que votre jeu de piste à Limoges tient encore caché sous ses pavés.
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Oui. Le jeu de piste de myCityHunt part de la place de la République et forme une boucle de 3,3 kilomètres, en passant par la cathédrale Saint-Étienne, le musée Adrien-Dubouché, la basilique Saint-Michel-des-Lions et le jardin de l'Évêché. On joue avec l'application myCityHunt sur son propre smartphone, sans date imposée et sans inscription.
Les énigmes mêlent observation, recherche et photo : les enfants participent au lieu d'écouter. Un four à porcelaine dans lequel on entre, des lions de pierre à compter et des halles de fonte occupent les enfants ; le circuit fait 3,3 kilomètres et la descente vers la Vienne est marquée.
Des versions gratuites circulent sous forme de PDF à imprimer soi-même. Il faut alors préparer le parcours, les énigmes et les solutions par ses propres moyens. Le jeu de piste de myCityHunt est payant, mais tout est prêt : navigation GPS, rôle individuel pour chaque participant, énigmes avec système de points et galerie photo privée après la partie.
Environ deux heures et demie, pour un parcours de 3,3 kilomètres. Les pauses sont possibles à tout moment et allongent d'autant la durée. Vous pouvez interrompre le jeu et le reprendre plus tard.
Le jeu de piste coûte à partir de € 12,99 par personne. La facturation se fait au nombre exact de participants, il n'y a donc pas de forfait de groupe. Les bons cadeaux sont valables trois ans à compter de l'achat et s'utilisent pour la ville et le circuit de votre choix.
Oui. Les grands groupes se répartissent en plusieurs équipes qui s'affrontent, et les résultats se comparent directement après la partie. La facturation se fait au nombre exact de participants. Des conditions particulières existent pour les entreprises.
Jeu de piste et chasse au trésor désignent le plus souvent le même format : un parcours à énigmes à travers la ville. Le géocaching, lui, consiste à chercher des contenants dissimulés à partir de coordonnées. Dans un jeu de piste, la ville visible reste le terrain de jeu : bâtiments, places et inscriptions fournissent les indices.