Rendez-vous devant l'hôtel de ville. Quelques rues plus haut, le donjon rond du Château de Laval monte la garde au-dessus de la vieille ville ; quelques rues plus bas, la Mayenne glisse entre ses quais. Vous voici dans une ville qui cultive une manie admirable : elle ne jette rien. Une charpente posée il y a huit cents ans coiffe toujours son donjon, un lavoir flottant de 1904 dort encore au fil de la rivière, et les cendres d'un peintre dont Paris riait sont revenues reposer dans son plus beau jardin. Votre jeu de piste à Laval dresse l'inventaire de ce grenier à ciel ouvert : 2,6 kilomètres et une dizaine d'étapes réparties près des deux rives, deux heures et demie environ si personne ne s'attarde. Nul ne vous montrera où regarder : vous apprendrez seuls à déchiffrer les façades à pans de bois de la Grande Rue, comme on feuillette des archives de famille — et chaque bonne réponse entrouvrira un tiroir que la préfecture de la Mayenne tenait discrètement fermé.
Vous choisissez l'heure, la ville fournit le décor. Un membre du groupe active les billets dans l'application myCityHunt et crée la partie ; les autres la rejoignent d'un simple scan de code QR, chacun sur son propre smartphone. Vient le moment de se choisir un personnage parmi cinquante-quatre — détective, architecte, athlète ou navigateur — et ce choix compte, car chaque rôle glisse dans le parcours des défis bonus qui ne concernent que son titulaire. Ensuite, la flèche GPS donne le cap, jamais l'itinéraire : grimper tout de suite vers le château ou traîner le long de l'eau, à vous de trancher. Chaque énigme s'accompagne de quatre propositions de réponse ; deux indices facultatifs, payés en points, remettent les hésitants sur la voie. Missions photo et petites épreuves d'action alimentent une galerie d'images privée que votre groupe sera seul à feuilleter. Départ quand vous voulez, pauses où bon vous semble. Le tableau des scores dira qui a eu l'œil le plus sûr — l'après-midi, lui, ne se perd jamais.
Laval assume un grand écart réjouissant : cinquante mille habitants, une allure de préfecture paisible — et des pièces de collection que bien des capitales lui envient. Ville d'art et d'histoire, elle empile quartier médiéval, hôtels particuliers et rivière ouvrière qui n'a rien oublié. Deux étapes donnent la mesure.
Au pied du donjon, renversez la tête vers la galerie de bois qui déborde du sommet, à 34 mètres. Ces hourds ne sont pas une reconstitution : la dendrochronologie date leurs poutres des années 1219 à 1221, ce qui en fait l'une des plus anciennes charpentes défensives conservées de France. Dessous, la toiture déploie une double roue de bois autour d'un poinçon central, et plusieurs pièces portent encore les marques d'assemblage gravées par les charpentiers du Moyen Âge. Le même château abrite le MANAS, premier musée français dédié à l'art naïf lors de sa création en 1967 — son locataire d'honneur vous est présenté plus bas.
Sur les hauteurs, le Jardin de la Perrine étage roseraies et terrasses au-dessus de la Mayenne — le genre d'endroit où l'allure de compétition retombe d'elle-même. Dans un recoin du parc, une pierre discrète abrite la tombe d'un peintre mondialement célèbre, sous un poème gravé dont l'histoire vaut le détour. Votre parcours accroche aussi la Cathédrale de la Sainte-Trinité, cathédrale seulement depuis la création du diocèse en 1855, l'église Saint-Vénérand et le chevet roman de la Basilique Notre-Dame d'Avesnières, posée près de l'eau — et tout l'entre-deux se joue à votre rythme.
Laval a offert à la littérature son trublion le plus dévastateur : Alfred Jarry, né en ville en 1873. Son Ubu roi provoqua en décembre 1896 l'un des plus mémorables scandales du théâtre français — dès le premier mot lancé sur scène, la salle parisienne bascula dans un tumulte d'un bon quart d'heure.
Prendre Laval pour une simple étape entre Bretagne et Normandie, ce serait passer à côté de ses plus belles revanches. Celle d'Henri Rousseau d'abord. Né en 1844 dans une tour de la porte Beucheresse, il gagne sa vie à l'octroi de Paris — d'où un surnom de « Douanier » qu'il n'a jamais officiellement porté — et peint le soir des jungles qu'il n'a jamais vues. La critique le raille, les salons le snobent ; il meurt en 1910 dans un quasi-anonymat. La suite ressemble à une réparation : en 1947, ses cendres reviennent au Jardin de la Perrine, sous une épitaphe de Guillaume Apollinaire gravée dans la pierre par le sculpteur Brancusi, pendant que ses toiles conquièrent les plus grands musées du monde.
Trois siècles plus tôt, un garçon né vers 1510 à Bourg-Hersent, aux portes de la ville, avait pris le chemin inverse : Ambroise Paré, apprenti barbier devenu chirurgien de quatre rois de France, remplaça la cautérisation au fer rouge par la ligature des artères et épargna d'atroces souffrances à des générations d'amputés. Sa statue lavalloise porte sa devise d'une modestie désarmante : « Je le pansai, Dieu le guérit. » Quant au Bateau-lavoir Saint-Julien, amarré quai Paul-Boudet, il a savonné le linge des Lavallois de 1904 à 1969, avec jusqu'à quarante lavandières à bord, avant que la machine à laver ne le mette au chômage. Musée dès 1985, classé monument historique, coulé en 2009 puis renfloué et restauré, il passe pour le dernier de France. Les visites guidées de Laval racontent bien sûr ces destins, mais elles partent à heure dite et suivent leur programme ; en jeu de piste, c'est l'inverse : les histoires vous cueillent au détour d'une ruelle, à l'endroit précis où elles ont commencé.
Aux enterrements de vie de jeune fille ou de garçon, d'abord : les missions photo au pied du donjon produisent des archives compromettantes qui resteront entre vous, galerie privée oblige, et les terrasses proches de la Mayenne prolongent la fête jusqu'au soir. Aux anniversaires entre adultes ensuite, parce qu'un classement à défendre anime une bande d'amis bien mieux qu'un déjeuner qui s'éternise — et que la taille du centre historique garde toutes les générations dans la course. Côté entreprises, le teambuilding à Laval dispose d'un argument rare pour une ville moyenne : le TGV met Paris à un peu plus d'une heure, la gare n'est qu'à un petit quart d'heure de marche, et les rôles répartissent les responsabilités plus finement que n'importe quel séminaire. En famille, les énigmes d'observation avantagent les yeux neufs des enfants, la distance reste raisonnable, et la pause s'improvise dans les allées de la Perrine. Et si vous découvrez la Mayenne le temps d'un week-end, cette activité en extérieur à Laval remplace le guide papier : un jeu de piste en ville dont vous repartez avec vos propres anecdotes, pas celles de tout le monde.
À deux pas de votre point de départ, les halles gourmandes de la place du 11-Novembre ont rouvert en juin 2025 après plus de deux ans de travaux : poissonnier, fromager, caviste et comptoirs pour manger sur place. L'endroit rêvé pour régler les derniers litiges du classement autour d'un plateau bien garni.
Retour devant l'hôtel de ville, là où l'inventaire a commencé. Vous savez désormais ce que Laval a gagné à ne rien jeter : une galerie de bois du XIIIe siècle au sommet du Château de Laval, un lavoir flottant repêché deux fois, un employé de l'octroi moqué de son vivant et honoré sous les rosiers de la Perrine. Attrapez vos téléphones, répartissez les personnages et ouvrez les tiroirs un à un : ce que votre jeu de piste à Laval vous fera découvrir, personne ne pourra plus vous le reprendre.
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Oui. Le jeu de piste de myCityHunt part de l'hôtel de ville et forme une boucle de 2,6 kilomètres dans le centre, en passant par le château de Laval, la cathédrale de la Sainte-Trinité, l'église des Cordeliers et la porte Beucheresse. On joue avec l'application myCityHunt sur son propre smartphone, sans date imposée et sans inscription.
Les énigmes mêlent observation, recherche et photo : les enfants participent au lieu d'écouter. Un donjon rond, une rivière et un musée des sciences se suivent sur 2,6 kilomètres ; le centre est en pente mais les distances restent courtes.
Des versions gratuites circulent sous forme de PDF à imprimer soi-même. Il faut alors préparer le parcours, les énigmes et les solutions par ses propres moyens. Le jeu de piste de myCityHunt est payant, mais tout est prêt : navigation GPS, rôle individuel pour chaque participant, énigmes avec système de points et galerie photo privée après la partie.
Environ deux heures et demie, pour un parcours de 2,6 kilomètres. Les pauses sont possibles à tout moment et allongent d'autant la durée. Vous pouvez interrompre le jeu et le reprendre plus tard.
Le jeu de piste coûte à partir de € 12,99 par personne. La facturation se fait au nombre exact de participants, il n'y a donc pas de forfait de groupe. Les bons cadeaux sont valables trois ans à compter de l'achat et s'utilisent pour la ville et le circuit de votre choix.
Oui. Les grands groupes se répartissent en plusieurs équipes qui s'affrontent, et les résultats se comparent directement après la partie. La facturation se fait au nombre exact de participants. Des conditions particulières existent pour les entreprises.
Jeu de piste et chasse au trésor désignent le plus souvent le même format : un parcours à énigmes à travers la ville. Le géocaching, lui, consiste à chercher des contenants dissimulés à partir de coordonnées. Dans un jeu de piste, la ville visible reste le terrain de jeu : bâtiments, places et inscriptions fournissent les indices.