Des colombages roses et verts, des géraniums à chaque fenêtre, un canal qui double la rue : Colmar ressemble tellement à une image qu'on finit par ne plus la regarder. C'est le piège — et votre équipe ne tombera pas dedans. Smartphone en main, vous voilà devant l'Hôtel de Ville, dix étapes en perspective, avec une consigne simple : cette fois, vous allez lire la ville au lieu de la photographier. Car derrière la carte postale, Colmar range des histoires d'une tout autre échelle — une maison de 1537 couverte d'empereurs peints, un clocher au bulbe inattendu sur la Collégiale Saint-Martin, la maison natale de l'homme qui a sculpté la statue la plus célèbre du monde. Un jeu de piste à Colmar prend le contre-pied de la flânerie : personne ne vous récite la ville, vous la faites parler vous-mêmes. Vous observez, vous comptez, vous débattez à voix haute, vous tranchez — et à chaque bonne réponse, la carte postale gagne une profondeur qu'aucun objectif photo ne capture.
Tout commence dans l'application myCityHunt. Un membre du groupe y charge les billets, règle la langue et la composition des équipes ; l'application affiche alors un code QR de lobby que chacun scanne avant de choisir son rôle. Il en existe cinquante-quatre — Détective, Photographe, Architecte, Athlète, Navigateur, Stratège… — et ce choix n'a rien de décoratif : chaque rôle reçoit en chemin ses propres défis bonus, entre questions de connaissance, missions photo et petites épreuves d'action. Le GPS indique la direction ; l'itinéraire exact reste votre affaire. Dix étapes jalonnent la boucle de 2,8 kilomètres qui part de l'Hôtel de Ville et y revient, chacune avec une question à quatre réponses possibles. Vous séchez ? Deux indices progressifs attendent, à débloquer contre quelques points. Vous démarrez à l'heure qui vous arrange et coupez la partie pour un café quand l'envie vient. Au bout, un classement — que les compétiteurs scrutent, et que les autres ignorent superbement.
Colmar joue sur une échelle trompeuse. Le centre se traverse en vingt minutes à pied, et pourtant il aligne des trésors qu'on attendrait dans une capitale. En 2,8 kilomètres, vous passez des façades Renaissance aux quais de la Petite Venise, où la Lauch glisse entre les anciennes maisons de maraîchers. Vous longerez aussi le Musée Unterlinden, le Musée Bartholdi et l'église Saint-Matthieu, dont la nef accueille chaque été les concerts du Festival international de Colmar — trois jalons parmi d'autres ; les ruelles entre eux sont votre terrain de jeu.
Vous lèverez les yeux vers la tour sud, et quelque chose clochera : elle s'interrompt tôt, coiffée d'un curieux bulbe de cuivre. L'explication tient en une date — en 1572, un incendie dévore la charpente et le sommet de la tour. On la couvre alors de cette lanterne bulbeuse, censée être provisoire. Elle est toujours là, quatre siècles et demi plus tard, et c'est elle qui dessine la silhouette de la ville. Les plus beaux accidents finissent parfois en emblèmes.
Devant elle, vous vous arrêterez sans même le décider : galerie de bois, oriel d'angle, et des fresques où se côtoient empereurs germaniques, évangélistes et scènes bibliques. Bâtie en 1537 pour Ludwig Scherer, un chapelier venu de Besançon, c'est le premier édifice Renaissance de Colmar — malgré son air médiéval. Le plus savoureux tient au nom : il ne vient ni du bâtisseur ni du peintre, mais d'une famille qui l'occupa au XIXe siècle. La postérité récompense parfois les derniers arrivés.
Rue des Têtes, une façade de 1609 vous dévisage : la Maison des Têtes porte plus de cent visages sculptés — grimaçants, rieurs, moqueurs. Et tout en haut du pignon veille un tonnelier de bronze, posé là au début du XXe siècle. Son auteur ? Auguste Bartholdi, encore lui. Essayez donc de compter les têtes sans perdre le fil.
Qui ne voit en Colmar qu'un décor à colombages passe à côté du meilleur. Saviez-vous que le chef-d'œuvre du Musée Unterlinden a été peint pour des malades ? Au début du XVIe siècle, Matthias Grünewald réalise le retable d'Issenheim pour les moines antonins, un ordre qui soignait le « mal des ardents », cet empoisonnement au seigle contaminé qui brûlait les membres. Les panneaux s'ouvrent comme des volets, et sur l'un d'eux, le Christ porte des plaies semblables à celles des patients : ceux qu'on soignait retrouvaient leur propre souffrance sur la peau du peint. Cinq siècles plus tard, on vient du monde entier se tenir devant.
Quelques rues plus loin naît en 1834 Frédéric Auguste Bartholdi. L'enfant de Colmar sculptera la Liberté éclairant le monde — et une réplique de douze mètres accueille aujourd'hui les automobilistes à l'entrée nord de la ville. Sa maison natale abrite le Musée Bartholdi : maquettes, dessins, et le vertige de mesurer ce qui est sorti d'ici. Autre démesure discrète : le Koïfhus, achevé en 1480, plus ancien bâtiment public de la ville, où siégeaient à l'étage les députés de la Décapole, la ligue des villes libres d'Alsace. Et si tout cela est encore debout, ce n'est pas le fruit d'une reconstruction : Colmar a traversé les deux guerres mondiales sans destruction majeure de son centre. À l'hiver 1945, les combats de la « poche de Colmar » font rage tout autour ; la ville est libérée le 2 février, son cœur ancien presque intact. Ces colombages ne sont pas des copies. Les visites guidées à Colmar racontent tout cela très bien, en quatre-vingt-dix minutes et au pas du groupe. Question par question, vous vous l'appropriez autrement : ce qu'on a déniché soi-même ne s'oublie pas.
À peu près à toutes les bandes qui veulent un prétexte pour arpenter la ville ensemble. Pour un enterrement de vie de jeune fille ou de garçon, le format règle la question de l'animation : les équipes se séparent, se toisent à distance, et le débriefing nourrit la soirée entière. Pour un anniversaire entre adultes, ce jeu de piste en ville remplace avantageusement la énième table réservée — même bande, souvenirs en plus, et une galerie privée où toutes les photos des défis se retrouvent après la partie. Les entreprises en font un teambuilding qui n'a pas le goût de séminaire : les rôles répartissent les défis, et une équipe qui ne se parle pas n'avance pas. En famille, la boucle de 2,8 kilomètres reste à hauteur d'enfant — et les enfants, justement, repèrent souvent le détail avant les adultes, ce qui rétablit agréablement la hiérarchie. Et si vous êtes de passage sur la route des vins, difficile de trouver une activité en extérieur à Colmar qui condense mieux la ville : environ deux heures et demie, et vous en saurez plus que bien des habitués.
Pour la pause, visez le marché couvert, en bordure de la Lauch : inauguré en 1865, il recevait autrefois les maraîchers qui livraient leurs légumes en barques à fond plat. Aujourd'hui, ses étals permanents ont tout ce qu'il faut pour reprendre des forces au bord de l'eau.
Au départ, Colmar ressemblait à une image. À l'arrivée, vous saurez ce que l'image taisait : un bulbe né d'un incendie sur la Collégiale Saint-Martin, des empereurs peints sur la maison d'un chapelier, un géant de cuivre conçu dans une ruelle à colombages. Rassemblez votre équipe, chargez les billets, choisissez vos rôles et lancez votre jeu de piste à Colmar — puis regardez la carte postale devenir, question après question, une ville en trois dimensions.
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Oui. Le jeu de piste de myCityHunt part de l'hôtel de ville et forme une boucle de 2,8 kilomètres dans le centre, en passant par le musée Unterlinden, la collégiale Saint-Martin, la maison des Têtes et le Koïfhus. On joue avec l'application myCityHunt sur son propre smartphone, sans date imposée et sans inscription.
Les énigmes mêlent observation, recherche et photo : les enfants participent au lieu d'écouter. Les canaux, les façades colorées et les cent onze têtes sculptées d'une seule maison occupent sans effort ; le centre est petit et entièrement piéton.
Des versions gratuites circulent sous forme de PDF à imprimer soi-même. Il faut alors préparer le parcours, les énigmes et les solutions par ses propres moyens. Le jeu de piste de myCityHunt est payant, mais tout est prêt : navigation GPS, rôle individuel pour chaque participant, énigmes avec système de points et galerie photo privée après la partie.
Environ deux heures et demie, pour un parcours de 2,8 kilomètres. Les pauses sont possibles à tout moment et allongent d'autant la durée. Vous pouvez interrompre le jeu et le reprendre plus tard.
Le jeu de piste coûte à partir de € 12,99 par personne. La facturation se fait au nombre exact de participants, il n'y a donc pas de forfait de groupe. Les bons cadeaux sont valables trois ans à compter de l'achat et s'utilisent pour la ville et le circuit de votre choix.
Oui. Les grands groupes se répartissent en plusieurs équipes qui s'affrontent, et les résultats se comparent directement après la partie. La facturation se fait au nombre exact de participants. Des conditions particulières existent pour les entreprises.
Jeu de piste et chasse au trésor désignent le plus souvent le même format : un parcours à énigmes à travers la ville. Le géocaching, lui, consiste à chercher des contenants dissimulés à partir de coordonnées. Dans un jeu de piste, la ville visible reste le terrain de jeu : bâtiments, places et inscriptions fournissent les indices.