Devant l'Hôtel de ville de Cannes, votre point de départ, deux villes se tournent le dos. Côté mer, les mâts du Vieux-Port et, plus loin, la Croisette, ses palaces et ses photographes. Côté terre, la colline du Suquet, où l'ancien village de pêcheurs grimpe en ruelles ocre vers une tour de guet médiévale. Votre jeu de piste à Cannes se joue entre ces deux mondes : 2,9 kilomètres et onze étapes pour comprendre comment un port de pêche provençal est devenu le rendez-vous planétaire du cinéma — et ce qu'il a gardé de sa première vie. Car Cannes maîtrisait la mise en scène bien avant son festival : elle glisse son histoire derrière le tapis rouge comme un acteur range son trac derrière un sourire. Smartphone en main, votre équipe autour de vous, vous allez soulever le décor, énigme après énigme.
Le départ tient en trois gestes. Installer l'application myCityHunt sur un smartphone, y activer les billets, puis faire scanner à chaque coéquipier le code QR du lobby pour entrer dans la partie. Avant de vous élancer, chacun endosse l'un des cinquante-quatre rôles — du détective à l'athlète en passant par la photographe ou le stratège —, un choix stratégique puisque chaque rôle débloque des défis bonus qui n'appartiennent qu'à lui. Ensuite, Cannes sert de plateau à ce jeu de piste en ville : le GPS révèle où se cache l'étape suivante, mais l'itinéraire reste votre décision, ruelle du Suquet ou front de mer. Chaque énigme s'accompagne de quatre réponses possibles ; deux indices facultatifs, payés en points, dépannent les équipes qui sèchent. Questions d'observation, défis photo et petites épreuves d'action se relaient pendant environ deux heures et demie, départ libre et pauses aussi souvent qu'il vous plaît. Au final, le classement couronne les plus futés — la galerie photo privée, elle, ne connaît que des gagnants.
Cannes vit en grand écart permanent : glamour planétaire d'un côté, noyau provençal étonnamment préservé de l'autre. Votre itinéraire relie les deux. Vous longerez la promenade de la Croisette, passerez devant l'église Notre-Dame de Bon Voyage, où les marins faisaient autrefois bénir leurs traversées, et reviendrez saluer l'Hôtel de ville face aux barques du Vieux-Port — l'entre-deux vous revient. Deux étapes résument ce double visage.
Vous voilà au pied de l'escalier le plus filmé du monde : vingt-quatre marches, pas une de plus. Le Palais des festivals et des congrès qui les porte fut inauguré pour l'édition 1983 du festival, et les festivaliers, peu charmés par ses lignes anguleuses, le baptisèrent aussitôt « le bunker ». Le surnom est resté ; le prestige aussi. Hors festival, on gravit les marches sans tapis rouge — la photo fonctionne toute l'année.
Tout en haut du Suquet, dans l'ancien château fortifié des moines de Lérins, le Musée des Explorations du monde doit son existence à un personnage de roman : Tinco Lycklama, baron néerlandais revenu d'un long périple en Orient, installé à Cannes en 1872, qui offrit ses collections à la ville dès 1877. Au-dessus des salles se dresse la tour carrée, commencée vers 1080 pour guetter les raids des pirates : vingt-deux mètres de pierre, cent neuf marches, et là-haut la baie, les îles de Lérins, l'Esterel.
La Croisette doit son nom à une modeste croix — « crouseto » en provençal — dressée à la pointe du cap, repère des pèlerins qui embarquaient là pour l'abbaye de l'île Saint-Honorat. Ouvert en 1863, le boulevard porta un temps le nom de l'impératrice Eugénie, avant d'adopter en 1871 celui de la petite croix.
Qui réduit Cannes à ses paillettes rate le meilleur du scénario. La ville moderne, d'abord, est née d'une épidémie. En décembre 1834, le choléra fait fermer la frontière du royaume de Sardaigne sur le Var : lord Brougham, homme d'État britannique en route pour Nice, se heurte au cordon sanitaire et se rabat sur une auberge du port de Cannes. L'accueil et la bouillabaisse de l'aubergiste Pinchinat font le reste : il achète un terrain à l'ouest du Suquet, y élève une villa portant le prénom de sa fille, Éléonore-Louise, et revient chaque hiver, entraînant à sa suite l'aristocratie anglaise qui transformera le bourg de pêcheurs en station d'hiver. Une quarantaine a inventé Cannes.
L'Empire, lui, y avait déjà fait halte : dans la nuit du 1er mars 1815, Napoléon, débarqué le jour même au Golfe-Juan après son évasion de l'île d'Elbe, dresse son premier bivouac près de la chapelle qui précédait l'actuelle Notre-Dame de Bon Voyage — une plaque sur le mur nord en garde la mémoire. Le festival, enfin, est le fruit d'une colère. En 1938, la Mostra de Venise voit son palmarès dicté par les régimes fasciste et nazi ; les démocraties s'indignent et la France crée sa propre manifestation à Cannes, ouverture annoncée pour le 1er septembre 1939 — le jour même où la Wehrmacht entre en Pologne. Il faudra patienter jusqu'en septembre 1946 pour la véritable première édition, donnée dans le casino municipal. Les visites guidées de Cannes récitent ces épisodes dans l'ordre chronologique ; votre jeu de piste à Cannes vous les fait croiser sur le terrain, au moment où un détail observé vous y conduit. On retient mieux ce qu'on a soi-même mis au jour.
Aux équipes qui préfèrent une ville qui se joue à une ville qui se visite. Lors d'un enterrement de vie de jeune fille ou de garçon, difficile de rêver décor plus photogénique : les défis photo se tournent avec la Croisette ou les marches du Palais en arrière-plan, et la galerie privée livre le diaporama de la soirée. Un anniversaire entre adultes y trouve une activité en extérieur à Cannes qui réconcilie marcheurs et compétiteurs, avec les terrasses du Suquet en ligne d'arrivée. Les entreprises, que la cité des congrès accueille à longueur d'année, tiennent là un teambuilding sans vidéoprojecteur : deux heures et demie suffisent, les rôles distribuent les responsabilités et les caractères se dévoilent plus vite qu'en séminaire. En famille, le parcours reste doux — une seule vraie montée, celle du Suquet, panorama en récompense — et les enfants excellent en éclaireurs dans les ruelles. Quant aux visiteurs d'un week-end, ils gagnent en une demi-journée un portrait de Cannes que ni la plage ni les vitrines ne leur auraient offert.
Au pied de la vieille ville, la halle du marché Forville réunit chaque matin, du mardi au dimanche, pêcheurs et producteurs descendus de l'arrière-pays, de Grasse à Mougins ; le lundi appartient à la brocante. Tapenade, fromages de chèvre, fruits gorgés de soleil : le ravitaillement rêvé avant le départ ou après l'arrivée.
Au départ, devant l'Hôtel de ville, deux villes se tournaient le dos. Onze énigmes plus tard, elles n'en font plus qu'une : vous savez désormais qu'une quarantaine a fait naître les palaces, qu'un empereur a dormi près de Notre-Dame de Bon Voyage et que la tour du Suquet guettait la baie des siècles avant les projecteurs. Réunissez vos coéquipiers, endossez vos rôles et démarrez votre jeu de piste à Cannes : le décor le plus célèbre du cinéma se soulève à la main, une étape après l'autre.
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Oui. Le jeu de piste de myCityHunt part de l'hôtel de ville et forme une boucle de 2,9 kilomètres, en passant par le palais des Festivals, l'église Notre-Dame-de-l'Espérance, La Malmaison et l'église Notre-Dame de Bon Voyage. On joue avec l'application myCityHunt sur son propre smartphone, sans date imposée et sans inscription.
Les énigmes mêlent observation, recherche et photo : les enfants participent au lieu d'écouter. Un tapis rouge à gravir, des empreintes de mains à comparer et une tour de guet en haut d'escaliers : la montée du Suquet est la seule difficulté du parcours.
Des versions gratuites circulent sous forme de PDF à imprimer soi-même. Il faut alors préparer le parcours, les énigmes et les solutions par ses propres moyens. Le jeu de piste de myCityHunt est payant, mais tout est prêt : navigation GPS, rôle individuel pour chaque participant, énigmes avec système de points et galerie photo privée après la partie.
Environ deux heures et demie, pour un parcours de 2,9 kilomètres. Les pauses sont possibles à tout moment et allongent d'autant la durée. Vous pouvez interrompre le jeu et le reprendre plus tard.
Le jeu de piste coûte à partir de € 12,99 par personne. La facturation se fait au nombre exact de participants, il n'y a donc pas de forfait de groupe. Les bons cadeaux sont valables trois ans à compter de l'achat et s'utilisent pour la ville et le circuit de votre choix.
Oui. Les grands groupes se répartissent en plusieurs équipes qui s'affrontent, et les résultats se comparent directement après la partie. La facturation se fait au nombre exact de participants. Des conditions particulières existent pour les entreprises.
Jeu de piste et chasse au trésor désignent le plus souvent le même format : un parcours à énigmes à travers la ville. Le géocaching, lui, consiste à chercher des contenants dissimulés à partir de coordonnées. Dans un jeu de piste, la ville visible reste le terrain de jeu : bâtiments, places et inscriptions fournissent les indices.