Sur le parvis de la cathédrale Saint-Étienne, accordez-vous un premier exercice : comptez les portails. Cinq, quand les grandes façades gothiques en alignent trois. Cherchez ensuite le transept — il n'existe pas. Bourges a bâti au XIIIe siècle un vaisseau sans équivalent et n'a jamais jugé utile de le crier sur les toits. C'est la manière de la ville : ranger ses merveilles à double fond, comme le tiroir secret d'un marchand. Des hectares de jardins invisibles depuis la rue, un roi moqué qui prépara ici sa revanche, un fils de pelletier devenu l'homme le plus riche du royaume. Votre jeu de piste à Bourges ouvre ces compartiments : onze énigmes, départ devant l'Office de Tourisme. Smartphone en poche, équipe au complet, vous apprendrez à voir ce que Bourges a glissé sous les yeux des passants.
Cinq minutes suffisent pour passer de piétons à concurrents. Un téléphone prend la main : il héberge l'application myCityHunt, les billets activés et le code QR que le reste de l'équipe scanne pour rejoindre le lobby. Reste la question qui fâche gentiment : qui prend quel rôle ? Cinquante-quatre profils existent — photographe, détective, stratège, athlète, architecte ou navigateur — et chacun apporte ses propres défis bonus. En chemin, la flèche GPS se contente de pointer vers l'étape suivante ; l'itinéraire, lui, reste votre affaire. Chaque énigme affiche quatre réponses. Besoin d'aide ? Deux indices facultatifs, contre une poignée de points. Les questions de connaissance alternent avec défis photo et épreuves d'action. Le parcours tient en 1,8 kilomètre — un format ramassé qui garde toute votre énergie pour l'observation — et se boucle en deux heures et demie environ, départ à l'heure de votre choix, pauses libres. À l'arrivée, un classement — et des perdants d'excellente humeur.
Tout tient ici dans un périmètre resserré : le gothique le plus audacieux du royaume et les débuts de la Renaissance française, la fortune d'un marchand et l'exil d'un roi, la pierre sculptée et le potager. Deux étapes vous retiendront plus longtemps que prévu.
À l'intérieur, l'absence de transept produit un effet que vous sentirez aussitôt : rien ne brise la perspective, cinq vaisseaux filent d'ouest en est d'un seul élan. Commencée en 1195 et consacrée en 1324, la cathédrale est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1992. Dehors, l'énorme pilier qui épaule la tour sud trahit sa fragilité : jamais elle n'a pu recevoir de cloches, d'où son surnom de « tour sourde ».
Bâti de 1443 à 1451 pour l'argentier de Charles VII, ce palais avait un siècle d'avance sur le confort de son temps : une étuve pour se baigner à la vapeur, des latrines raccordées à des conduits intérieurs, un puits privé. Sur la façade, deux fausses fenêtres encadrent l'entrée, et de chacune se penche un personnage de pierre — un homme, une femme — qui surveille la rue depuis le XVe siècle. La devise du maître des lieux court sur les murs : « À cœur vaillant rien d'impossible ».
Le musée du Berry, installé dans l'hôtel Cujas, conserve les stèles gallo-romaines de l'antique Bourges ; l'hôtel des Échevins expose les toiles de Maurice Estève, peintre né dans le Cher ; l'hôtel Lallemant, élevé vers 1500, compte parmi les premiers témoins de la Renaissance en France. Entre ces adresses, les maisons à pans de bois font le décor.
En contrebas de la cathédrale s'étendent les marais de Bourges : 135 hectares de jardins découpés en près de 1 500 parcelles, cultivés depuis des siècles et classés au titre des sites en 2003. Avec ceux d'Amiens et de Saint-Omer, ils comptent parmi les derniers marais maraîchers de France. Depuis la rue, rien ne les annonce.
Qui ne voit en Bourges qu'une paisible ville d'art manque son plus beau chapitre. En 1418, un adolescent de quinze ans fuit Paris tombé aux mains des Bourguignons : le dauphin Charles trouve refuge ici. Deux ans plus tard, le traité de Troyes le déshérite, et ses ennemis ricanent en l'appelant le « petit roi de Bourges ». L'insulte vieillira mal : de ce royaume replié sur le Berry, Charles VII repartira reconquérir la France entière. En 1423, son fils Louis naît à Bourges et se fait baptiser dans la cathédrale ; l'horloge astronomique conçue par l'astronome Jean Fusoris, offerte pour l'occasion, y marque les heures depuis six siècles. L'argent de la reconquête, lui, porte un nom : Jacques Cœur, fils d'un marchand pelletier de Bourges devenu argentier du roi — arrêté en 1451, condamné, évadé, mort en 1456 sur l'île grecque de Chios, sans avoir vraiment profité du palais qu'il s'était offert. La cathédrale a connu sa propre péripétie : le 31 décembre 1506, sa tour nord s'effondre. La reconstruction fut financée notamment par les fidèles qui obtenaient, contre leur obole, le droit de manger du beurre en carême — d'où son surnom gourmand de « tour de Beurre ». Les visites guidées de Bourges racontent ces retournements avec talent ; en jeu de piste, vous les débusquez par vos propres moyens, à l'endroit précis où ils se sont scellés.
Un enterrement de vie de jeune fille — la formule vaut aussi pour les garçons — y trouve son moteur : les défis photo placent la personne à l'honneur au centre de chaque image, les clichés se retrouvent ensuite dans votre galerie privée, et la place Gordaine, avec ses colombages et ses terrasses, prend le relais le soir. Fêter un anniversaire entre adultes ici, c'est troquer le restaurant contre une activité en extérieur à Bourges : quelques heures de compétition amicale, des anecdotes pour des années. Côté entreprises, le teambuilding profite d'un centre compact où personne ne se perd ; les rôles répartissent les responsabilités et les indices se négocient en comité. En famille, le format court ménage les petites jambes, les questions d'observation donnent souvent l'avantage aux plus jeunes, et les allées des marais offrent ensuite une parfaite décompression. Et si vous ne faites que passer, un jeu de piste en ville ramasse en un après-midi ce que Bourges éparpille dans ses ruelles — parfait pour un week-end.
Impossible de repartir sans un cornet de forestines : un cœur praliné sous une fine coque de sucre satiné, créées à Bourges en 1879 par le confiseur Georges Forest. On les trouve toujours dans la confiserie historique de la place Cujas. De quoi adoucir n'importe quelle place au classement.
Le tiroir à double fond est ouvert. Vous savez désormais pourquoi la cathédrale Saint-Étienne aligne cinq portails, qui se penche aux fausses fenêtres du palais Jacques-Cœur, et ce que le ricanement « petit roi de Bourges » a fini par coûter aux moqueurs. Réunissez vos complices devant l'Office de Tourisme, répartissez les rôles et laissez la première flèche du GPS vous glisser dans les ruelles. Onze énigmes plus loin, Bourges n'aura plus de compartiment secret pour vous : votre jeu de piste à Bourges vous aura appris où la ville range ce qu'elle a de plus précieux.
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Oui. Le jeu de piste de myCityHunt part de l'office de tourisme et forme une boucle de 1,8 kilomètre, en passant par la cathédrale Saint-Étienne, l'hôtel des Échevins, l'église Saint-Pierre-le-Guillard et le palais archiépiscopal. On joue avec l'application myCityHunt sur son propre smartphone, sans date imposée et sans inscription.
Les énigmes mêlent observation, recherche et photo : les enfants participent au lieu d'écouter. Un Jugement dernier peuplé de diables, un palais à secrets et des marais en contrebas se suivent sur 1,8 kilomètre, ce qui convient aussi aux plus jeunes.
Des versions gratuites circulent sous forme de PDF à imprimer soi-même. Il faut alors préparer le parcours, les énigmes et les solutions par ses propres moyens. Le jeu de piste de myCityHunt est payant, mais tout est prêt : navigation GPS, rôle individuel pour chaque participant, énigmes avec système de points et galerie photo privée après la partie.
Environ deux heures et demie, pour un parcours de 1,8 kilomètre. Les pauses sont possibles à tout moment et allongent d'autant la durée. Vous pouvez interrompre le jeu et le reprendre plus tard.
Le jeu de piste coûte à partir de € 12,99 par personne. La facturation se fait au nombre exact de participants, il n'y a donc pas de forfait de groupe. Les bons cadeaux sont valables trois ans à compter de l'achat et s'utilisent pour la ville et le circuit de votre choix.
Oui. Les grands groupes se répartissent en plusieurs équipes qui s'affrontent, et les résultats se comparent directement après la partie. La facturation se fait au nombre exact de participants. Des conditions particulières existent pour les entreprises.
Jeu de piste et chasse au trésor désignent le plus souvent le même format : un parcours à énigmes à travers la ville. Le géocaching, lui, consiste à chercher des contenants dissimulés à partir de coordonnées. Dans un jeu de piste, la ville visible reste le terrain de jeu : bâtiments, places et inscriptions fournissent les indices.