La porte de la République se referme derrière vous, et quelque chose change. Devant, le cours Jean-Jaurès file droit vers le cœur de la ville ; tout autour, 4,3 kilomètres de remparts sans une seule brèche encerclent ce qu'Avignon possède de plus précieux. Sept papes ont gouverné la chrétienté depuis ce kilomètre carré, et la ville semble n'avoir rien rendu depuis : le plus vaste palais gothique du monde, un pont qui s'arrête en plein Rhône, le seul Van Gogh exposé en Provence. Depuis l'office de tourisme, votre équipe s'apprête à réclamer sa part. Un jeu de piste à Avignon, c'est trois heures, douze étapes et quatre kilomètres dans la cité close, smartphone au poing, à observer, comparer, trancher. La muraille laisse ses portes ouvertes à tous — ses histoires, elle ne les cède qu'énigme par énigme.
Trois gestes pour démarrer : télécharger l'application myCityHunt, valider vos billets, puis passer le code QR du lobby de main en main — chacun le scanne depuis son propre téléphone. Ensuite, chacun endosse un rôle parmi cinquante-quatre — détective, photographe, architecte, stratège, athlète — et reçoit avec lui ses défis bonus personnels. Le GPS se contente d'indiquer un cap ; à vous de choisir votre chemin dans le lacis de l'intra-muros, un terrain plat où le raccourci bien vu vaut son pesant de points. Chaque énigme propose quatre réponses possibles, et deux indices progressifs vous dépannent contre une petite pénalité si le débat s'enlise. Entre deux questions de connaissance, défis photo et épreuves d'action alimentent une galerie que seul votre groupe pourra consulter après la partie. Vous partez à l'heure qui vous arrange, vous faites pause où bon vous semble. Au bout, un classement départage les compétiteurs — les autres auront gagné leur journée sans compter.
Peu de villes concentrent autant de pouvoir déchu au mètre carré. Sur votre parcours, la cathédrale Notre-Dame-des-Doms brandit au sommet de son clocher une Vierge dorée qui se repère à des kilomètres ; le musée Calvet, né du legs d'un médecin collectionneur, et le musée Angladon, héritier des trésors du couturier parisien Jacques Doucet, jalonnent les rues. Deux étapes, cependant, vous arrêteront net.
Quinze mille mètres carrés, l'équivalent de quatre cathédrales gothiques : le Palais des papes sort de terre à partir de 1335, en moins de vingt ans, sous deux pontifes que tout oppose — Benoît XII l'austère, Clément VI le fastueux. Au second, on doit la chambre du Cerf : dans le cabinet privé du pape, les fresques ne montrent ni saints ni martyrs, mais des scènes de chasse, de pêche et de cueillette. Un jardin peint au cœur de la forteresse de la chrétienté — en longeant ces murailles, cherchez l'homme derrière la puissance.
Sa façade flamboyante joue les dentelles de pierre, mais le vrai chef-d'œuvre vous attend à hauteur d'homme : deux vantaux de noyer massif hauts de quatre mètres, sculptés en 1551 par le menuisier Antoine Volard aux frais d'un riche marchand avignonnais. Figures en relief, rinceaux, volutes — près de cinq siècles d'intempéries n'ont pas émoussé la virtuosité du geste. La collégiale Saint-Pierre, basilique mineure depuis 2012, prouve qu'ici même une porte fermée mérite le détour. Entre ces jalons, placettes et traverses vous appartiennent.
La chanson a fait le tour du monde, mais son décor cloche : trop étroit, le tablier du pont Saint-Bénézet se prêtait mal aux rondes. C'est sous ses arches, dans les guinguettes de l'île de la Barthelasse, que l'on dansait vraiment — d'anciennes versions disaient d'ailleurs « sous le pont d'Avignon ».
Qui range Avignon parmi les décors figés manque ses meilleurs récits. En 1348, pendant que la peste ravage l'Europe, Clément VI achète la ville entière à la reine Jeanne de Naples pour 80 000 florins ; Avignon restera propriété pontificale plus de quatre siècles, jusqu'à la Révolution. Le pont Saint-Bénézet raconte, lui, une obstination perdue d'avance : vingt-deux arches lancées sur près de 900 mètres au XIIe siècle, puis des crues du Rhône qui les fauchent une à une, jusqu'à ce que la ville renonce à reconstruire au XVIIe siècle. Restent quatre arches suspendues au-dessus du fleuve, célèbres dans le monde entier précisément parce qu'elles ne mènent plus nulle part.
Autre surprise : le seul tableau de Van Gogh visible en Provence ne se trouve ni à Arles ni à Saint-Rémy, mais au musée Angladon. Ces « Wagons de chemin de fer » peints en 1888 réservent un détail troublant — le sol ocre n'est pas de la peinture, mais la toile laissée nue. Et chaque été depuis 1947, le festival fondé par Jean Vilar transforme la cour d'honneur du palais en scène de théâtre la plus convoitée de France : la cité des papes devient capitale des planches. Les visites guidées d'Avignon déroulent ces chapitres à heure fixe et dans l'ordre du programme ; votre jeu de piste en ville les fait surgir là où ils se sont écrits, au moment où personne ne s'y attend.
Un enterrement de vie de garçon ou de jeune fille y trouve un scénario tout tracé : la compétition structure l'après-midi, la galerie photo archive les déguisements, et les terrasses de la place de l'Horloge prolongent la fête à deux pas de l'arrivée. Pour un anniversaire entre adultes, la formule remplace le énième restaurant par trois heures de souvenirs à se raconter ensuite à table. Les équipes d'entreprise apprécient un teambuilding qui commence à quelques minutes à pied de la gare d'Avignon-Centre, juste derrière les remparts : rien à affréter, et des rôles qui redistribuent les cartes loin des organigrammes. En famille, l'intra-muros largement piéton laisse les enfants prendre la tête du groupe — la chasse aux détails sculptés sur les façades les captive mieux qu'un écran. Les visiteurs de passage, enfin, tiennent là une activité en extérieur à Avignon qui relie palais, collégiale et musées en une demi-journée, sans file d'attente ni audioguide.
La papaline d'Avignon, fine coque de chocolat rose hérissée comme une fleur de chardon, cache une liqueur d'origan du Comtat tirée de plantes du Ventoux. Créée par les pâtissiers vauclusiens dans les années 1960 et baptisée en clin d'œil aux papes, on ne la trouve guère ailleurs. Guettez-la dans les confiseries de la vieille ville.
Avant de repasser la porte de la République, retournez-vous une dernière fois. Les remparts n'ont toujours pas une brèche, la Vierge dorée de Notre-Dame-des-Doms veille toujours sur les toits — mais la ville close a cessé d'être un coffre-fort pour vous. Vous savez ce qu'un pape a payé pour elle, pourquoi quatre arches s'obstinent au milieu du Rhône, où la Provence garde son unique Van Gogh. Rassemblez vos coéquipiers, attribuez les rôles, ouvrez l'application : votre jeu de piste à Avignon commence devant l'office de tourisme — et la muraille, cette fois, joue dans votre camp.
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Oui. Le jeu de piste de myCityHunt part de l'office de tourisme et forme une boucle de 4 kilomètres dans la ville close, en passant par le palais des Papes, la collégiale Saint-Agricol, le musée Calvet et l'église des Célestins. On joue avec l'application myCityHunt sur son propre smartphone, sans date imposée et sans inscription.
Les énigmes mêlent observation, recherche et photo : les enfants participent au lieu d'écouter. Un palais fortifié, des remparts complets et un pont qui s'arrête au milieu du Rhône : le centre est plat, mais l'ombre manque en été.
Des versions gratuites circulent sous forme de PDF à imprimer soi-même. Il faut alors préparer le parcours, les énigmes et les solutions par ses propres moyens. Le jeu de piste de myCityHunt est payant, mais tout est prêt : navigation GPS, rôle individuel pour chaque participant, énigmes avec système de points et galerie photo privée après la partie.
Environ trois heures, pour un parcours de 4 kilomètres. Les pauses sont possibles à tout moment et allongent d'autant la durée. Vous pouvez interrompre le jeu et le reprendre plus tard.
Le jeu de piste coûte à partir de € 12,99 par personne. La facturation se fait au nombre exact de participants, il n'y a donc pas de forfait de groupe. Les bons cadeaux sont valables trois ans à compter de l'achat et s'utilisent pour la ville et le circuit de votre choix.
Oui. Les grands groupes se répartissent en plusieurs équipes qui s'affrontent, et les résultats se comparent directement après la partie. La facturation se fait au nombre exact de participants. Des conditions particulières existent pour les entreprises.
Jeu de piste et chasse au trésor désignent le plus souvent le même format : un parcours à énigmes à travers la ville. Le géocaching, lui, consiste à chercher des contenants dissimulés à partir de coordonnées. Dans un jeu de piste, la ville visible reste le terrain de jeu : bâtiments, places et inscriptions fournissent les indices.