Sur la place Saint-Étienne, à l'écart du flot des visiteurs, un garçon de bronze joue de la flûte aux oiseaux. C'est le Meiselocker, le « charmeur de mésanges » — un surnom que les Strasbourgeois d'autrefois portaient eux-mêmes. Les groupes pressés ne lui accordent pas un regard : ils filent vers la cathédrale. Vous, vous démarrez ici, et ce n'est pas un hasard. Un jeu de piste à Strasbourg commence là où la ville baisse la garde. Car cette ville, que des millions de personnes photographient chaque année, cache ses meilleures histoires en pleine lumière : un hymne national écrit en une nuit, une invention qui a bouleversé le monde, une statue arrivée de Munich par échange de bons procédés. Smartphone en main, équipe au complet, vous allez passer douze étapes à lire les façades, à compter ce que personne ne compte et à débattre devant des portes que les autres franchissent sans les voir. Strasbourg garde ses secrets à hauteur de regard. Encore faut-il savoir où le poser.
Tout tient dans l'application myCityHunt. Un membre de l'équipe la télécharge, y charge les billets, choisit la langue et compose les équipes. L'écran affiche alors un code QR de lobby : chacun le scanne avec son propre téléphone, puis se choisit un rôle parmi cinquante-quatre — détective, photographe, architecte, athlète, navigateur, stratège. Ce choix n'a rien de décoratif : chaque rôle déclenche ses propres défis bonus en cours de partie. Le GPS indique ensuite la direction de la prochaine étape, jamais l'itinéraire, qui reste votre affaire. À chaque étape, une question, quatre réponses possibles et deux indices facultatifs en réserve, contre une poignée de points. S'y ajoutent des défis photo et des épreuves d'action qui alimentent la galerie privée de votre équipe. Vous partez quand vous voulez et faites pause où bon vous semble sur les 3,2 kilomètres du parcours. Au final, le classement départage les équipes — ceux qui visaient simplement une belle journée auront gagné bien avant la dernière étape.
Le terrain de jeu, d'abord : la Grande Île, où se déroule l'essentiel de votre parcours, fut en 1988 le premier centre urbain français inscrit dans son ensemble au patrimoine mondial de l'UNESCO — pas un monument isolé, la ville entière. Votre chemin y croisera le musée des Beaux-Arts installé dans le palais Rohan, la nef de verre du musée d'Art moderne et contemporain posée au bord de l'Ill et les maisons Renaissance du Musée alsacien, quai Saint-Nicolas. Deux édifices, surtout, marqueront votre route.
Vous la verrez avant de la voir : sa flèche de grès rose surgit au détour des rues bien avant le parvis. Haute de 142 mètres, elle resta pendant 227 ans, de 1647 à 1874, l'édifice le plus élevé du monde. Sur place, remarquez ce qui manque : la seconde flèche, jamais construite, qui donne à la façade cette silhouette asymétrique reconnaissable entre toutes. Et vous reculerez pas à pas sur le parvis pour tenter de faire tenir l'ensemble dans votre champ de vision — tout le monde finit par le faire.
Quelques rues plus loin, celle qu'on surnomme la cathédrale du protestantisme alsacien réserve deux trésors. Le premier s'écoute : l'orgue Silbermann de 1741, dont Mozart a joué lors de son passage en octobre 1778, et qu'Albert Schweitzer contribua à sauver au début du XXe siècle. Le second se contemple : le mausolée du maréchal de Saxe, chef-d'œuvre de Pigalle achevé en 1777, où le maréchal descend d'un pas tranquille vers son tombeau pendant qu'une France éplorée tente de retenir la Mort.
Dans la cathédrale, l'horloge astronomique lance son grand spectacle une seule fois par jour, à 12h30 : les apôtres défilent devant le Christ tandis que le coq mécanique bat des ailes et chante. Le mécanisme actuel, conçu par Jean-Baptiste Schwilgué en 1842, calcule même la date de Pâques.
Qui ne voit en Strasbourg que des colombages, une flèche et un marché de Noël passe à côté du principal. Que vient faire « La Marseillaise » ici, à 800 kilomètres de Marseille ? Elle y est née. Dans la nuit du 25 au 26 avril 1792, un jeune officier nommé Claude Joseph Rouget de Lisle compose, à la demande du maire Philippe Frédéric de Dietrich, un « Chant de guerre pour l'armée du Rhin ». Ce sont les volontaires marseillais qui, en le chantant jusqu'à Paris, lui donneront le nom que tout le monde connaît — mais la partition est strasbourgeoise. Trois siècles et demi plus tôt, un orfèvre venu de Mayence s'était établi dans la ville : entre 1434 et 1444, Johannes Gutenberg y mène les travaux discrets qui préparent l'imprimerie à caractères mobiles, avant de retourner chez lui imprimer sa fameuse Bible.
L'été 1518, enfin, Strasbourg vécut l'un des épisodes les plus déroutants de l'histoire européenne : une habitante, connue sous le nom de Frau Troffea, se mit à danser dans la rue sans parvenir à s'arrêter. En un mois, environ quatre cents personnes furent gagnées par la même frénésie, et les chercheurs discutent encore des causes de cette « épidémie dansante ». Les visites guidées de Strasbourg vous livreraient ces récits d'un bloc, dans l'ordre du programme ; en jeu de piste, ils vous rattrapent un par un, précisément là où ils ont eu lieu. Les faits sont les mêmes — le souvenir qu'ils laissent n'a rien de comparable.
À tous les groupes qui préfèrent chercher plutôt qu'écouter. Pour un enterrement de vie de jeune fille ou de garçon, la formule règle la question de l'après-midi sans qu'aucun témoin ne joue les animateurs : les équipes s'affrontent, les défis photo font le spectacle et la galerie privée fournit la matière du dîner. Pour un anniversaire entre adultes, ce jeu de piste en ville remplace avantageusement l'énième restaurant — tout le monde bouge, tout le monde participe, et il reste des images. Les entreprises, nombreuses à se réunir dans la capitale européenne, y trouvent un teambuilding sans salle de séminaire : les rôles répartissent les responsabilités et l'équipe qui ne se parle pas n'avance pas. En famille, les enfants passent devant — ce sont souvent eux qui repèrent le détail décisif — et les 3,2 kilomètres, entrecoupés d'autant de pauses que nécessaire, restent à hauteur de petites jambes. Et si vous découvrez l'Alsace le temps d'un week-end, cette activité en extérieur à Strasbourg condense en une demi-journée ce que d'autres mettent trois jours à trouver.
À deux pas de la cathédrale, la winstub Chez Yvonne, rue du Sanglier, sert des spécialités alsaciennes depuis 1873. Yvonne Haller, qui tint la maison de 1956 à 2001, y accueillit François Mitterrand, Jacques Chirac et Helmut Kohl. Après la partie, attablez-vous devant un baeckeoffe : vous l'aurez mérité.
Repensez à la place Saint-Étienne : au départ, le Meiselocker n'était qu'une statue parmi d'autres. Douze étapes plus tard, vous savez qu'il incarne le surnom de toute une ville — et vous savez surtout que Strasbourg range ses histoires à hauteur de regard, du portail de la cathédrale Notre-Dame au chœur de l'église Saint-Thomas. Rassemblez vos coéquipiers, choisissez vos rôles et lancez votre jeu de piste à Strasbourg : deux heures et demie de marche, et une collection d'histoires que bien des habitués du centre-ville ne connaissent pas toutes. La flèche de grès rose, elle, vous montre déjà la direction.
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Oui. Le jeu de piste de myCityHunt part de la place Saint-Étienne et forme une boucle de 3,2 kilomètres sur la Grande Île, en passant par la cathédrale Notre-Dame, le palais Rohan, l'église Saint-Thomas et la Petite France. On joue avec l'application myCityHunt sur son propre smartphone, sans date imposée et sans inscription.
Les énigmes mêlent observation, recherche et photo : les enfants participent au lieu d'écouter. Les automates de l'horloge astronomique, les canaux et les écluses sont sur le parcours, et le cœur de l'île est piéton.
Des versions gratuites circulent sous forme de PDF à imprimer soi-même. Il faut alors préparer le parcours, les énigmes et les solutions par ses propres moyens. Le jeu de piste de myCityHunt est payant, mais tout est prêt : navigation GPS, rôle individuel pour chaque participant, énigmes avec système de points et galerie photo privée après la partie.
Environ deux heures et demie, pour un parcours de 3,2 kilomètres. Les pauses sont possibles à tout moment et allongent d'autant la durée. Vous pouvez interrompre le jeu et le reprendre plus tard.
Le jeu de piste coûte à partir de € 12,99 par personne. La facturation se fait au nombre exact de participants, il n'y a donc pas de forfait de groupe. Les bons cadeaux sont valables trois ans à compter de l'achat et s'utilisent pour la ville et le circuit de votre choix.
Oui. Les grands groupes se répartissent en plusieurs équipes qui s'affrontent, et les résultats se comparent directement après la partie. La facturation se fait au nombre exact de participants. Des conditions particulières existent pour les entreprises.
Jeu de piste et chasse au trésor désignent le plus souvent le même format : un parcours à énigmes à travers la ville. Le géocaching, lui, consiste à chercher des contenants dissimulés à partir de coordonnées. Dans un jeu de piste, la ville visible reste le terrain de jeu : bâtiments, places et inscriptions fournissent les indices.