Le soleil tape sur le damier noir et blanc de la place Masséna, l'Apollon de marbre de la Fontaine du Soleil veille sur son bassin, et votre équipe se penche sur un seul écran : la première énigme vient de s'afficher. C'est ici que démarre votre jeu de piste à Nice — sans guide à suivre, sans horaire imposé, avec la ville entière pour terrain de jeu. Or Nice a l'art de disparaître derrière sa propre carte postale. On croit la connaître pour ses palmiers et sa baie ; on oublie qu'elle n'est française que depuis 1860, qu'une légende d'anges a baptisé son rivage et que ses ruelles ocre bordent des trésors baroques que les passants longent sans les voir. Pendant onze étapes, vous allez observer, compter, débattre et photographier — et apprendre à lire une ville qui ne se confie qu'à ceux qui la regardent vraiment.
Tout tient sur un smartphone. Un membre de l'équipe installe l'application myCityHunt, y charge les billets, règle la langue et la répartition des groupes ; les autres rejoignent la partie en scannant le code QR du lobby. Chacun choisit ensuite un rôle parmi cinquante-quatre — détective, photographe, architecte, athlète, navigateur, stratège — et ce choix compte : chaque rôle déclenche ses propres défis bonus en chemin. Le GPS indique où se trouve la prochaine étape, jamais comment y aller ; l'itinéraire, c'est votre affaire. Chaque énigme propose quatre réponses, et si l'une d'elles résiste, deux indices facultatifs vous remettent sur la voie contre quelques points. Entre les questions d'observation s'intercalent défis photo et épreuves d'action. Les 6,3 kilomètres du parcours se jouent en trois heures et demie environ, à votre rythme : départ quand vous voulez, pauses à volonté. Au bout, le classement révèle l'équipe la plus futée — mais personne ne rentre perdant d'un après-midi pareil.
Peu de villes superposent autant de vies : grecque par sa fondation, italienne par ses façades, française par traité, russe par ses hivers d'aristocrates. Votre parcours traverse ces strates l'une après l'autre. Vous passerez devant le palais Lascaris, demeure baroque de la noblesse niçoise, devant la discrète église Saint-Nicolas-et-Sainte-Alexandra de la rue Longchamp et devant l'église Saint-Jacques-le-Majeur, que les Niçois appellent simplement le Gésu — le reste du chemin vous appartient. Deux édifices, surtout, vous feront lever le nez.
Vous déboucherez sur la place Rossetti, et la façade de la cathédrale Sainte-Réparate vous arrêtera net. Sa dédicataire est une martyre adolescente dont la légende veut que la barque, partie de Palestine, ait dérivé jusqu'au rivage niçois escortée par des anges — les mêmes qui auraient donné son nom à la baie des Anges. Levez les yeux vers le dôme : quelque 14 000 tuiles vernissées à la mode génoise, une tache de couleur que l'on repère depuis la colline du Château. L'édifice actuel, commencé en 1650, s'inspire d'une église de Rome, Sainte-Suzanne : même au temps du baroque, Nice regardait vers l'Italie.
Changement complet de décor. En pleine avenue Jean-Médecin, entre enseignes et tramway, deux tours jumelles et une grande rosace vous transportent d'un coup dans le nord de la France. Rien d'accidentel : la basilique Notre-Dame de Nice, la plus grande église de la ville, a été lancée en 1864, quatre ans après le rattachement à la France, dans un style néogothique inspiré des grandes cathédrales françaises. Il s'agissait, pierre par pierre, de donner un visage français à une ville qui parlait encore italien. Vous vous tenez devant un manifeste politique déguisé en église.
L'Apollon de la Fontaine du Soleil, installé en 1956, fit scandale : une partie des Niçois jugea sa nudité trop avantageuse. Les polémiques et les réaménagements de la place eurent raison de lui — retiré dans les années 1970, il finit relégué dans un parc des sports. Il fallut attendre 2011 pour qu'il retrouve son bassin.
Qui ne voit en Nice qu'une station balnéaire passe à côté du meilleur. Saviez-vous que la première église orthodoxe russe construite en Europe occidentale se dresse rue Longchamp, à quelques minutes de la mer ? Dans les années 1850, l'aristocratie russe avait fait de Nice son quartier d'hiver, au point que l'impératrice douairière Alexandra Feodorovna ouvrit une souscription pour offrir un lieu de culte à ses compatriotes ; l'église Saint-Nicolas-et-Sainte-Alexandra fut consacrée en janvier 1860. Un morceau de Russie s'ancrait sur la Côte d'Azur — avant même que Nice ne devienne française.
Le Gésu, lui, doit son existence à un expatrié : en 1603, Pons Ceva, marchand niçois fortuné établi à Rome, finança l'installation d'un collège jésuite dans sa ville natale. L'église qui en naquit, conçue sur le modèle du Gesù de Rome, devint la référence du baroque dans tout le comté de Nice — la donation d'un seul homme a changé le visage des églises de la région. Quelques rues plus loin, le palais Lascaris cache une surprise d'un autre ordre : derrière son escalier d'apparat, la demeure élevée au XVIIe siècle pour les Lascaris-Vintimille abrite aujourd'hui quelque 225 instruments de musique anciens, deuxième collection de France derrière celle de Paris. Les visites guidées de Nice vous serviraient ces histoires dans l'ordre du programme ; en jeu de piste, chacune vous cueille au pied du monument concerné, à l'instant où vous venez d'en décrypter un détail. Ce que l'on a cherché soi-même, on le garde.
À toutes les équipes qui préfèrent jouer la ville plutôt que la visiter. Pour un enterrement de vie de jeune fille ou de garçon, le format règle la question de l'animation : les équipes se défient, les défis photo produisent des images que la galerie privée conserve pour la soirée, et aucun témoin n'a besoin de jouer les meneurs. Pour un anniversaire entre amis, c'est une activité en extérieur à Nice qui remplace avantageusement l'énième déjeuner : tout le monde marche, cherche, compare, et le récit du parcours occupe la table le soir même. Les entreprises y trouvent un teambuilding sans salle de réunion : les rôles distribuent les responsabilités, les indices se négocient, et une équipe apprend davantage sur elle-même en trois heures de ruelles qu'en une journée de séminaire. En famille, les enfants passent devant — c'est souvent leur œil qui repère le détail que les adultes cherchaient — et les pauses se prennent aussi souvent que nécessaire, une glace de la vieille ville à la main. Quant aux visiteurs de passage sur la Côte d'Azur, ce jeu de piste en ville condense en un après-midi ce que des jours de flânerie n'auraient pas révélé.
La socca, galette de farine de pois chiches cuite au feu de bois, dorée et poivrée, est la spécialité de rue niçoise. Chez Thérésa, présente sur le marché du cours Saleya depuis 1925, la cuit dans son four de la rue Droite : un triporteur fait la navette pour livrer les plaques brûlantes au marché.
Au départ, sur le damier de la place Masséna, vous aviez la carte postale sous les yeux. Trois heures et demie plus tard, vous saurez ce qu'elle recouvre : une légende d'anges sous les tuiles vernissées de la cathédrale Sainte-Réparate, un manifeste politique dans les tours de Notre-Dame, un Apollon de marbre revenu d'exil. Rassemblez votre équipe, répartissez les rôles et lancez votre jeu de piste à Nice : les meilleures histoires de la ville se tiennent juste derrière la carte postale — à vous de les débusquer, une étape après l'autre.
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Oui. Le jeu de piste de myCityHunt part de la fontaine du Soleil, place Masséna, et forme une boucle de 6,3 kilomètres, en passant par la basilique Notre-Dame, l'église Saint-Jacques-le-Majeur, l'Opéra et le monument à Garibaldi. On joue avec l'application myCityHunt sur son propre smartphone, sans date imposée et sans inscription.
Les énigmes mêlent observation, recherche et photo : les enfants participent au lieu d'écouter. Avec 6,3 kilomètres, le circuit est plus long qu'ailleurs : pour une sortie en famille, prévoyez plutôt une demi-journée.
Des versions gratuites circulent sous forme de PDF à imprimer soi-même. Il faut alors préparer le parcours, les énigmes et les solutions par ses propres moyens. Le jeu de piste de myCityHunt est payant, mais tout est prêt : navigation GPS, rôle individuel pour chaque participant, énigmes avec système de points et galerie photo privée après la partie.
Environ trois heures et demie, pour un parcours de 6,3 kilomètres. Les pauses sont possibles à tout moment et allongent d'autant la durée. Vous pouvez interrompre le jeu et le reprendre plus tard.
Le jeu de piste coûte à partir de € 12,99 par personne. La facturation se fait au nombre exact de participants, il n'y a donc pas de forfait de groupe. Les bons cadeaux sont valables trois ans à compter de l'achat et s'utilisent pour la ville et le circuit de votre choix.
Oui. Les grands groupes se répartissent en plusieurs équipes qui s'affrontent, et les résultats se comparent directement après la partie. La facturation se fait au nombre exact de participants. Des conditions particulières existent pour les entreprises.
Jeu de piste et chasse au trésor désignent le plus souvent le même format : un parcours à énigmes à travers la ville. Le géocaching, lui, consiste à chercher des contenants dissimulés à partir de coordonnées. Dans un jeu de piste, la ville visible reste le terrain de jeu : bâtiments, places et inscriptions fournissent les indices.